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Artistes-entrepreneurs

Le projet artistes-entrepreneurs en théâtre devient réalité
 

Après plusieurs années de travail en comité, après des réunions d’information à Montréal le 29 novembre dernier et à Québec le 6 décembre, après la mise en forme des différents formulaires qui seront utilisés pour chaque mode de production, c’est le 1er février 2016 que l’Union des artistes accueille officiellement les artistes-entrepreneurs en théâtre. L’information ayant déjà beaucoup circulé sur ce projet, je vais essayer de répondre aux questions les plus fréquemment soulevées à propos de cette nouvelle réalité.

1. Qu’est-ce qu’un artiste-entrepreneur en théâtre (AE)?

C’est un membre actif ou stagiaire de l’UDA qui a obtenu le statut d’artiste-entrepreneur suite à l’approbation de son projet par un employé de l’Union. Pour obtenir cette reconnaissance, l’AE doit déposer un projet et accepter d’être accompagné par une personne-ressource de l’UDA qui s’assurera de la viabilité du projet et de sa compatibilité avec les règles de l’Union. La reconnaissance du statut d’artiste-entrepreneur lui est accordée pour la durée de son projet.

L’artiste reconnu comme AE se distingue du producteur traditionnel et jouit de la reconnaissance de ses conditions et de son contexte réel de production. Il est entendu et soutenu par son syndicat dans une relation basée sur la confiance, la transparence et la volonté mutuelle que le projet soit mené à bien.

2. L’appellation AE est-elle accordée pour toutes les formes de théâtre?

Non. Le théâtre pour l’enfance et la jeunesse, toutes les formes de théâtre de commande, les spectacles Meurtres et Mystères et l’animation théâtrale ne peuvent être produits sous l’appellation Artiste-entrepreneur.

3. Dans quels cadres de production les AE pourront-ils opérer?

Dans la présente entente UDA-AE, l’artiste-entrepreneur doit choisir entre la production autogérée et la production à partage de recettes.

Dans le cas d’une production autogérée, tous les participants doivent créer une société en nom collectif (SENC) et accepter que leur rémunération soit constituée d’un pourcentage des excédents générés par le spectacle. Tous les participants  acceptent aussi le risque que la production soit déficitaire. Dans un tel scénario, tous sont responsables de combler les pertes selon un pourcentage préétabli dans le contrat qui lie les membres de la SENC.

Dans une formule de production à partage de recettes, l'artiste-entrepreneur opère généralement par l'entremise d'un organisme à but non lucratif (OBNL). Les projets portés par un artiste individuel ou un collectif d'artistes sont également accueillis. Dans chaque cas, on parle d'un producteur qui met sous contrat des interprètes dont la rémunération est constituée d'un pourcentage des recettes au guichet. Dans une telle production, le metteur en scène, s’il n’est pas l’AE responsable du projet, a le choix entre une rémunération à tarif fixe ou par participation au partage des recettes.

4. Une compagnie membre d’une association de producteurs peut-elle quitter cette association et travailler sous l’entente UDA-AE?

Non. Par exemple un artiste-entrepreneur à la tête d’une compagnie ayant produit un spectacle sous l’entente ACT ne peut pas utiliser cette compagnie comme véhicule de production dans l’entente UDA-AE. Lorsque l’entente avec l’ACT sera renouvelée, alors seulement il pourra y avoir une demande de production AE avec la dite compagnie. Il est loin d’être certain que l’Union acceptera cette demande, puisque nous souhaitons préserver nos liens avec le partenaire qu’est l’ACT.

5. Dans cette relation de confiance instaurée avec l’artiste-entrepreneur, l’UDA renonce-t-elle à sa mission syndicale?

Absolument pas. Si, dans un premier temps, l’Union accepte d’accompagner l’AE pour faire en sorte que les bonnes décisions soient prises à l’égard du projet de spectacle, elle ne renonce aucunement à exercer sa vigie sur le respect des contrats qui lient les artistes à la production. Au contraire, l’Union exigera d’être tenue au courant de tous les aspects de la production et s’assurera qu’aucun membre ne soit lésé.

6. L’action d’accompagnement menée par l’UDA dégage-t-elle l’AE de sa responsabilité?

Non. L’artiste-entrepreneur est totalement responsable de toutes les décisions qui seront prises lors de la création, de la production et de la diffusion de son projet. L’Union des artistes ne peut, en aucun cas, être tenu responsable de décisions qui conduiraient à des irrégularités ou à un échec du projet.

7. Qui doit-on contacter pour déposer un projet qu’on souhaite réaliser sous l’entente UDA-AE?

Ce sont les agents responsables du secteur de la scène théâtrale qui vous pourront vous informer. Il s’agit, à Montréal, de Nathalie Goulet et de Xavier Morin et, à Québec, de Josée Richard.

Jacques Verret, conseiller en relations du travail, accompagnera le travail de ces agents et sera consulté pour aider à surmonter les difficultés liées à certains projets.

Voici leurs coordonnées :

Nathalie Goulet : 514-288-7150, poste 1231, ngoulet@uda.ca
Xavier Morin : 514-288-7150, poste 1322, xmorin@uda.ca
Jacques Verret (en remplacement de Pierre-Yves Milot) : 418-523-4241, poste 1601, jverret@uda.ca
Josée Richard : 418-523-4241, poste 1602, jrichard@uda.ca

8. Tout ira-t-il pour le mieux dans le meilleur des mondes?

Je l’espère. Il faut cependant se rappeler qu’il s’agit d’une première à l’Union des artistes, d’une part, et que beaucoup de projets atypiques, soulevant des questions ou des problèmes imprévus, seront présentés par les artistes, d’autre part. Il va falloir de la bonne volonté, de l’écoute, de l’ingéniosité de part et d’autre. Il faudra qu’un climat de confiance soit réellement instauré, confiance mutuelle faisant appel à la bonne foi et à la transparence des deux parties. On gagnera à rester calme, à éviter les crises d’hystérie dans les bureaux, dans les salles de répétitions et sur les réseaux sociaux. C’est une première, je le répète et c’est notre responsabilité collective que ce projet soit une réussite.

Cliquez sur ce lien pour obtenir de plus amples informations : L’Union des artistes (UDA) et les artistes-entrepreneurs peu ou pas subventionnés (AE) en théâtre, Principes de base, modes de production et admission.

Jack Robitaille
2e vice-président Québec