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Vous êtes victime de cyberintimidation? Faites appel à l’UDA.

5 Décembre 2019

« Maudite folle », « Suicide-toi donc. », « Retourne d’où tu viens. », « Pauv’ conne. », « Inutilité vivante. », « Va te faire enculer. », « Tu vas l’avoir ta leçon. »

Voilà des propos qu’on a pu entendre ou lire après la sortie médiatisée de la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, qui a dénoncé à l’Assemblée nationale l’intimidation envers les femmes en politique sur les réseaux sociaux et lu certains des commentaires haineux que des femmes de son caucus et elle ont reçus.

Malheureusement, certains d’entre vous ont déjà reçu ou pourraient recevoir ce genre de propos.  

Ils se lisent, se post, se like, s'échangent, se relayent.

Ils s’adressent à vous. Ils parlent de vous, et vous visent directement et vous les lisez puisqu’ils existent notamment sur la page Facebook de l’émission dans laquelle vous jouez. Ou que vous animez. Ou le spectacle dans lequel vous dansez, peu importe. Mais bon, c’est de la pub, après tout. Comme on dit dans le métier, parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en…

Parce que vous faites un métier public, et sous prétexte de vivre dans une démocratie, tout le monde a droit à son opinion. Que voulez-vous, on vit dans un pays libre. Et puis, c’est vous qui avez choisi librement de faire ce métier. On ne vous a pas cassé un bras, alors c’est le prix à payer. T’es connu, tu travailles, de quoi tu te plains? tu gagnes ta vie, tu deviens une cible, endure, c’est normal.

Normal...?

Non.

Ce n’est pas normal.

À l’ère où l’on ajoute dans toutes nos ententes collectives une politique très étoffée dans le but de contrer le harcèlement sous toutes ses formes, personne ne me fera croire qu’on est tenu d’endurer des inepties sur le Net sous prétexte que des gens s’expriment, et qu’au nom de la liberté d’expression, on doive les laisser faire. Trop facile. Si on fait le ménage sur les lieux de travail et qu’on assainit collectivement les espaces de création (et tout ce qui en découle) pour une meilleure pratique de notre métier, pourquoi laisserait-on le racisme, l’homophobie, la misogynie, les insultes, l’intimidation, le harcèlement prendre tant d’espace sur les réseaux sociaux?

Le producteur ou le diffuseur qui crée une page Facebook est responsable de ses communications au même titre que vous l’êtes de votre propre page Facebook. Tous doivent maintenant assurer un climat et un milieu de travail exempt de harcèlement. On doit prendre tous les moyens raisonnables pour faire cesser tout propos haineux.

Si un producteur vous demande de contribuer à une page Facebook liée à une production à laquelle vous avez pris part, cela s’inscrit dans une prestation de travail; c’est donc dire que la politique contre le harcèlement s’applique et permet de recourir à la procédure habituelle pour que cesse toute conduite répréhensible à votre égard.

Des obligations similaires existent aussi pour les diffuseurs qui sont des partenaires importants des producteurs.

S’il s’agit de votre page personnelle sur Facebook, l’UDA ne peut intervenir, car il n’y a pas de relations existantes entre un producteur et un artiste.

Vous êtes visé par des propos haineux ou disgracieux sur les réseaux sociaux des producteurs ou des diffuseurs? Communiquez avec nous. L’UDA agira de façon tout à fait confidentielle. Vous n’avez pas à subir ce genre d’intimidation.

Il faut que ça cesse.
 

Votre présidente,
Sophie Prégent


Pour consulter tous les mots de la présidence