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Une première entente pour la comédie musicale

13 Novembre 2017

Réunis en assemblée sectorielle le lundi 6 novembre, les membres de l’UDA ont entériné l’entente de principe sur la comédie musicale à laquelle sont arrivés les porte-parole de l’UDA et de l’ADISQ au terme d’un processus de négociation ayant duré près de deux années.

Rappelons que les productions de comédie musicale se faisaient jusqu’ici sous l’égide d’ententes collectives de théâtre (surtout l’APTP) « par défaut » en quelque sorte puisqu’aucune entente collective n’était conçue spécifiquement pour la comédie musicale.

Lors d’une assemblée précédente, tenue en avril dernier, les membres de l’UDA avaient réclamé la création d’une telle entente spécifique. Cette demande a bien été retenue, comme il se doit, mais un tel projet nécessite un travail d’envergure et de longue haleine. Or l’UDA et l’ADISQ avaient déjà entrepris des démarches empruntant une approche différente : appliquer à la comédie musicale l’entente UDA-ADISQ visant les spectacles de variétés sur scène (« l’entente des variétés ») en y apportant certaines modifications, puisque, à l’évidence, cette entente ne suffit pas à couvrir adéquatement tous les aspects du travail des artistes ou de la diffusion des productions en comédie musicale.

Les deux parties ont donc convenu d’une entente de principe tenant en deux volets :

  • À court terme, d’une part, elles ont convenu d’introduire dans l’entente des variétés UDA-ADISQ des dispositions nouvelles visant spécifiquement la comédie musicale, dispositions qui, pour la presque totalité, ont été tirées de l’entente UDA-APTP, parfois telles quelles et parfois adaptées. Il s’agit par exemple des définitions des fonctions chanteur, comédien et danseur,  des artistes alternants, des horaires de répétition, des déplacements, des frais de séjour, des dispositions relatives aux représentations supplémentaires, de la grille tarifaire, du temps supplémentaire, etc. Mais il s’agit d’une solution intérimaire puisque ces modifications, dans leur état actuel, ne correspondent pas encore totalement, ni parfaitement, à la réalité du travail en comédie musicale. Elles peuvent néanmoins constituer une base minimale qui protège le travail sous juridiction de l’UDA dans l’immédiat.
     
  • À plus long terme, d’autre part, elles ont convenu de mettre sur pied un comité ad hoc bipartite qui aura le mandat de poursuivre la négociation pour parfaire cette adaptation, notamment en révisant les fondements sur lesquels repose l’entente collective. Ce qui veut dire, dans un premier temps, de revoir les définitions de fonctions, afin qu’elles reflètent mieux la réalité (en comédie musicale, un artiste n’est pas chanteur, comédien ou danseur, il est tout cela à la fois : comment le définit-on?…). Et par la suite, leur impact sur la catégorisation (qui servira ultimement à établir la tarification), le minimum d’heures de répétition obligatoires, la notion de cumul, etc. Le comité se penchera aussi sur d’autres questions, notamment les conditions dans lesquelles se déroulent les auditions.

C’est donc un résultat de négociation hybride que l’UDA et l’ADISQ ont accepté : une mise à niveau immédiate de l’entente des variétés (de premier niveau, en quelque sorte), et la poursuite du travail de négociation à plus long terme visant une mise à niveau encore plus en profondeur, qui  rendra l’entente collective encore plus pertinente pour la comédie musicale. Un résultat inédit mais qui permet de rallier deux objectifs qui semblaient difficilement conciliables : se doter rapidement d’une protection de base  et rendre les fondements de l’entente collective plus pertinents pour la comédie musicale.

Soulignons que l’UDA et l’ADISQ ont également partagé l’intérêt de voir naître plus de créations originales québécoises en comédie musicale. À cette fin, compte tenu des défis et des risques d’un projet de création (financiers notamment),  elles ont convenu d’un projet expérimental : pour un maximum de trois projets différents assumés par trois producteurs différents, le tarif horaire de répétition sera celui du spectacle de variétés et les producteurs feront preuve de transparence en déposant leur budget et en participant à un post-mortem. L’expérience ne pourrait se répéter au-delà de ces trois projets que s’il y a entente à cet effet sur les conditions applicables, entre l’UDA et l’ADISQ.

La rédaction des textes dans leur version finale et la mise à jour des différents formulaires prendront encore quelque temps. Lorsque ce sera fait, le texte complet de l’entente sera accessible sur notre site, dans la section Ententes collectives.