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Une grande interprète nous quitte… Au revoir Andrée Lachapelle

22 Novembre 2019

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le jeudi 21 novembre dernier le décès d’Andrée Lachapelle, une grande dame et une grande comédienne aimée du public et de ses pairs. « L’UDA tient à offrir ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses amis et à la grande famille artistique, en particulier les artistes qui l’ont côtoyée et ceux et celles pour qui Andrée Lachapelle a été une inspiration », souligne Sophie Prégent, présidente de l’UDA.

Son dernier rôle dans le film de la réalisatrice Louise Archambault, Il pleuvait des oiseaux, alors qu’elle avait 87 ans, témoigne de son immense talent, de sa passion pour le travail et de sa capacité à s’adapter aux conditions particulières qu’exigent le métier de comédienne, des qualités qu’on lui a reconnues tout au long de sa carrière.

Andrée Lachapelle est et restera dans nos mémoires. Dans la mémoire de ses pairs et de ses étudiants de l’École nationale de théâtre où elle a enseigné.

« J’ai eu la chance de l’avoir comme professeure à l’École, se rappelle avec émotion Sophie Prégent. Pour nous, ses étudiants, elle était une source d’inspiration, un modèle. Devant elle, nous étions tous en état de grâce. Elle nous a enseigné bien plus que l’interprétation, elle nous a enseigné la vie, elle qui a eu une vie remplie sur tous les plans. Nous nous sommes identifiés à elle. Nous, ses étudiants, nous étions devenus en quelque sorte une petite famille.  Pour moi, ce sont des souvenirs précieux»

La carrière d’Andrée Lachapelle, née en 1931, s’est échelonnée sur quelque 70 ans, marquant ainsi l’imaginaire de plusieurs générations de Québécois, que ce soit au théâtre ou à la télévision, à une époque où tout était à faire.

Elle a joué dans les grands classiques du théâtre tels que Dostoïevski, Goldoni, Tchekhov, Sophocle, Marcel Dubé, Tremblay, Claude Gauvreau, Tennessee Williams, et plus récemment Wajdi Mouawad (Rêves, au Festival de Limoges, en 2000 et Incendies, en 2003). Elle joue dès les débuts de la télévision en 1952, notamment dans les téléthéâtres, puis dans les téléromans, et ce, jusqu’au cours des dernières années. Son parcours est éclectique : Bilan, 14, rue de Galais, Entre midi et soir, Le monde de Marcel Dubé, Rue des Pignons, Le Temps d’une paix et Le Volcan tranquille de Pierre Gauvreau, Monsieur le ministre de Solange Chaput-Rolland, La Maison Deschênes, Emma, La Galère, Mon meilleur ennemi, L’Héritière de Grande Ourse, Tout sur moi, Yamaska, L’Auberge du chien noir, etc.

Femme indépendante, Andrée Lachapelle a vécu quelque temps à Paris, puis est revenue au Québec. Celle qui n’a jamais eu l’ambition de faire carrière en France, comme elle l’a déclaré à quelques reprises en entrevue, a interprété Blanche Dubois dans Un tramway nommé Désir, en 1975, au Théâtre de l’Atelier, à Paris (Montmartre), pièce qui avait été bien reçue par le public.

Le cinéma n’est pas en reste, elle qui a joué dans YUL 871 de Jacques Godbout, (1966), Caro papa de Dino Risi (1979), Dans le ventre du dragon d’Yves Simoneau (1989), Jésus de Montréal de Denys Arcand, (1989), Comme un voleur (1990) et Cap Tourmente (1993) de Michel Langlois, Nelligan de Robert Favreau (1991), La dernière fugue de Léa Pool (2010), Route 132 de Louis Bélanger (2010) pour ne nommer que ceux-là, un parcours des plus varié qui s’est conclu en beauté par le film de Louise Archambault, Il pleuvait des oiseaux.

Le souvenir d’Andrée Lachapelle restera également gravé dans la mémoire du public, qui lui a été fidèle pendant toutes ces années. Cela apporte, nous l’espérons, un peu de baume à sa famille et à ses amis.