Vous êtes ici

Partager sur

Un grand interprète et ancien secrétaire de l’UDA nous quitte… Au revoir Albert Millaire

16 Août 2018

C’est avec une immense tristesse que l’Union des artistes a appris hier en fin de journée le décès d’Albert Millaire, un grand comédien qui a marqué plusieurs générations de Québécois. L’Union des artistes tient à offrir ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses amis et à la grande famille artistique, en particulier les artistes qui l’ont côtoyé.

Membre de l’UDA depuis 1957, Albert Millaire a touché de nombreux spectateurs et téléspectateurs, du Québec et d’ailleurs, lui dont le parcours professionnel s’est échelonné sur une soixantaine d’années, et ce, autant en français qu’en anglais.

De la même époque que celle de Benoit Girard, de Paul Hébert et de Janine Sutto, disparus il y a un peu plus d’un an, Albert Millaire a marqué l’imaginaire de plusieurs générations de Québécois, grâce notamment aux téléthéâtres (des classiques aux contemporains, comme, Racine, Rostand, Shakespeare, Wilde, Garcia Lorca, Strinberg, Roch Carrier, Françoise Loranger) qui ont permis à toute une génération d’avoir accès à du théâtre.

Comédien éclectique, Albert a joué les classiques, mais aussi des comédies au théâtre, dans des séries, dont les mémorables séries historiques D’Iberville et Laurier, interprétant Pierre Le Moyne d’Iberville et Wilfrid Laurier, et a tenu des rôles marquants à la télévision, en plus de faire quelques mises en scène.

Pour son premier rôle au théâtre, en 1956, il a joué dans En attendant Godot de Samuel Beckett, en enchaînant les classiques au TNM, théâtre qu’il a aussi codirigé avec Jean-Louis Roux, interprétant Don Juan, dans Don Juan et Salieri dans Amadeus (m.e.s. Olivier Reichenbach), Tartuffe, Hamlet et Malvolio dans La nuit des rois (m.e.s. Jean-Louis Roux), le fils dans Six personnages en quête d’auteur (m.e.s. Paul Hébert), Figaro dans Le mariage de Figaro (m.e.s. Jean-Louis Barreault), le juge Danforth dans Les sorcières de Salem (m.e.s. Lorraine Pintal). Il a aussi été dirigé par Jean-Pierre Ronfard (Œdipe à l’Espace Go et Oreste au TNM), Brigitte Haentjens (Lucien dans Farces conjugales, au Théâtre du Rideau Vert) et Serge Denoncourt (Tyndare dans Oreste au Théâtre de l’Opsis). Il a travaillé plusieurs fois avec Paul Hébert au Théâtre du Trident et au Théâtre du Chanteclerc qu'il a cofondé avec Paul en 1955.

Soulignons que, en 1969, alors qu’il était directeur du Théâtre populaire du Québec (qui a cessé ses activités en 1996), il a monté des pièces plus contestataires.

À la télévision, on l’a vu jusqu’à tout récemment dans l’émission Mémoires vives, dans laquelle il interprétait depuis les débuts le personnage d’Antoine Hamelin. On l’a vu dans la célèbre comédie Le cœur a ses raisons, aux côtés d’Anne Dorval et de Marc Labrèche, jouant le personnage de Doug Montgomery, ainsi que dans Grande Ourse II (Julien Beaumont), Road to Avonlea (chef Pierre), Le volcan tranquille (Épiphane Plamondon), Le sorcier (Hervé Dubuc) et dans Jamais sans amour : L’obsession de Janette Bertrand, à Radio-Canada, ainsi que dans les téléromans Monsieur le ministre (Paul Godefroy, 1982-1986), Grand-Papa aux côtés de Rita Lafontaine (Raoul Gagnon, 1976-1979), Quelle famille! (Guy Rougeau, de 1969 à 1974), Au Chenal du Moine (Romain Cournoyer, 1957-1958), et dans des séries jeunesse, comme Fanfreluche et Picolo II.

Au cinéma, soulignons les films J’en suis de Claude Fournier, André Mathieu et Aurore de Luc Dionne et Le Maître du Pérou et Le festin des morts de Fernand Dansereau, deux productions de l’ONF.

Son amour de la musique l’a amené à contribuer à des événements musicaux lors desquels il a effectué des lectures publiques (Gargantua pour La Pièta d’Angèle Dubeau et Nelligan, pour « Le Violon brisé » en 2009), des narrations pour le Festival de musique de Lanaudière et pour l’OSM en 2009 avec Kent Nagano pour Beethoven : l’idéal de la révolution française, en plus d’avoir écrit pour Sinfonia de Lanaudière (Vivaldi Millaire en 2014, Beethoven Millaire 2015 et Papa Haydn et Albert Millaire en 2016) et pour le Festival de musique de chambre de Montréal (Tchaïkovski je t’aime en 2009 et Stravinsky, l’histoire du soldat en 2016).

« Pour moi, Albert, c’est d’abord un grand comédien, unique, aussi à l’aise sur une scène qu’à la télévision, avec cette voix magnifique, reconnaissable entre toutes, qui a su nous transporter dans toutes sortes d’univers, mentionne Sophie Prégent, présidente de l’UDA. Mais Albert Millaire était aussi un artiste engagé. En plus d’avoir été secrétaire général de l’UDA dans les années 1960, certains se rappelleront peut-être, parmi les plus âgés d’entre nous, qu’il figurait au nombre des artistes qui s’étaient rangés en mai 1986 derrière Serge Turgeon, alors président de l’UDA, et qui s’étaient rendus à l’Assemblée nationale pour réclamer la Loi sur le statut de l’artiste, en interprétant des personnages historiques sur la Colline Parlementaire. »

Albert Millaire a habité l’imaginaire des Québécois. Ce sentiment de pérennité apporte, nous l’espérons, un peu de baume à sa famille et à ses proches.

Hommage à Albert Millaire

Un coup de chapeau à la carrière de ce grand interprète, animé par Marie-Thérèse Fortin, se déroulera, le 17 septembre dans le hall du Théâtre du Nouveau Monde dès 17 h. Parents, amis et camarades sont invités à lui rendre un dernier hommage.

 

Photo : Albert Millaire
© Éric Labbé