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Scènes de nudité : ce que vous devez savoir pour un tournage réussi

9 Avril

Au cours des derniers mois, les conditions de tournage des scènes de nudité ont fait l’objet de plusieurs reportages ou chroniques dans la presse écrite, à la radio et à la télévision. Mais que prévoit l’entente UDA-AQPM sur ce type de scènes? À quoi doit s’attendre un ou une membre de l’UDA sur un plateau de tournage? Qu’est-ce qui doit être inclus dans son contrat? Et qu’en est-il au juste de la fonction de coordonnatrice ou de coordonnateur d’intimité, peu connue au Québec?

Lors des dernières négociations avec l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM), l’Union des artistes souhaitait inclure la fonction de coordonnateur ou coordonnatrice d’intimité dans l’entente collective. Rappelons que les négociations avaient débuté en 2019, période où l'on parlait peu de cette fonction au Québec, bien que des expériences aient été tentées sur des plateaux américains. 

Encore à ce jour, les discussions se poursuivent avec l’AQPM dans le but ultime que nous puissions intégrer cette fonction dans l'entente collective. 

Nous vous invitons donc à communiquer avec Catherine Leszkiewicz, aux relations du travail, à cleszkiewicz@uda.ca ou au 514-288-7150, poste 1264, si on vous approche pour effectuer cette fonction sur un plateau. Nous pourrons du même coup vous informer adéquatement avant que ne soit signé votre contrat.

L'UDA a toutefois réussi à s’entendre avec l’AQPM sur une nouvelle annexe sur les scènes de nudité – l’annexe C-5 ‒, un des éléments majeurs de l’entente collective renouvelée en février 2020. Outre cette nouvelle annexe, l’entente compte deux chapitres qui encadrent le tournage des scènes de nudité et les scènes d’intimité amoureuse ou sexuelle, qui sont respectivement traitées au chapitre 6-12.00 et au chapitre 6-13.00.

À savoir avant la signature de votre contrat UDA et avant le tournage

Comme l’explique Catherine Leszkiewicz, conseillère en relations du travail et membre de l’équipe de négociation de l’UDA, « avec cette nouvelle annexe, nous voulions détailler le plus possible les scènes de nudité avant le tournage pour nous assurer que les actrices et les acteurs concernés, le producteur et le réalisateur savent à quoi s’en tenir une fois sur le plateau de tournage. » L’article 6-12.11 de l’entente collective stipule que le producteur doit soumettre à l'artiste l’annexe de nudité conforme à l’annexe C-5 au moins 48 h avant sa signature. Une copie de cette annexe est transmise à l’UDA dans les mêmes délais, annexe qui doit décrire spécifiquement ce qui sera exigé de l'artiste lors de la scène de nudité.

Et quand on dit le plus de détails possible, on parle de la nature exacte de la scène, le degré de nudité exigé, la nature des accessoires utilisés (vêtement transparent, etc.), de même que toute information pertinente donnant une description authentique et complète de la scène. « Par exemple, quelle sera la place de la caméra? Le type d’éclairage? Y-aura-t-il des cache sexe? Tout doit être détaillé, il n’y a pas de place pour l’improvisation », ajoute Catherine Leszkiewicz. 

Le renouvellement de l’entente UDA-AQPM a aussi permis de bonifier certains articles déjà présents dans l’entente et d’en ajouter d’autres à la demande des membres notamment. Par exemple, un ajout important a été apporté à l’article 6-12.01 du chapitre 6-12.00 intitulé Scène de nudité ou relatant une activité sexuelle (audition, contrat, répétition et tournage), à savoir que le concept même de scène de nudité est élargi à une scène qui relate une activité sexuelle, qu’elle soit simulée ou non, qu’il y ait nudité ou non. À titre d’exemple, une fellation où les acteurs sont habillés est considérée comme une scène de nudité encadrée par l’entente collective; le plateau fonctionne donc à huis clos et seules les personnes ayant un intérêt professionnel direct et prouvé sont présentes (article 6-12.15).

Scènes d’intimité amoureuse ou sexuelle

Lorsque des scènes d’intimité amoureuse ou d’intimité sexuelle sont prévues au scénario (chapitre 6-13.00), comme s’embrasser de manière passionnée ou faire des attouchements au bas du dos ou sur les fesses, avant l’enregistrement de la scène, le producteur s’engage à demander au réalisateur un échange au préalable avec les artistes devant exécuter la scène d’intimité. Il doit sensibiliser le réalisateur à l’importance d’un tel échange lorsqu’une telle scène est suggérée, sans être prévue au scénario. Le fait de permettre aux acteurs d’échanger avec le réalisateur ou la réalisatrice permet à tous de savoir à quoi s’en tenir et ainsi d’éviter toute surprise pendant le tournage.

Autres conditions à savoir

D’autres conditions sont couvertes dans l’entente, par exemple le droit de refuser d'exécuter, sans perte de cachet, tout ce qui n'est pas prévu à son contrat relativement aux scènes de nudité (article 6-12.13) et bien d’autres conditions et situations.

Et soulignons un autre élément important, à savoir que même si un ou une artiste a accepté de faire la scène de nudité, il ou elle peut décider de ne pas l’exécuter. Le producteur peut alors utiliser les services d’une doublure pour tourner la scène (article 6-12.18).

Pour mieux connaître vos droits, veuillez lire l’entente collective UDA-AQPM.

L’équipe des relations du travail veillera à sensibiliser le milieu de l’audiovisuel, notamment les artistes et les agents, aux enjeux liés aux scènes de nudité et aux scènes d’intimité et à mieux faire connaître ce qui est prévu dans l’entente collective UDA-AQPM. Un comité sera bientôt mis sur pied pour organiser, notamment, des visites de plateau pour informer les membres et, ultimement, instaurer de saines pratiques en cette matière. Le comité sera composé de conseillères en relations du travail et d’artistes membres de l’UDA.

Pour toute question sur vos conditions de travail dans le secteur du cinéma et de la télévision, veuillez communiquer avec l'équipe en composant le 514-288-7150, poste 1001.