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Rapport annuel 2018 : message de Sylvie Brousseau

14 Novembre 2018

L’exercice 2017-2018 a connu son lot d’événements et de décisions difficiles, mais, au final, nous avons réussi à accomplir de grandes choses qui nous permettent de voir l’avenir avec optimisme.

Au chapitre des relations du travail, 25 ententes collectives étaient soit en préparation, soit en négociation. Certaines d’entre elles comportent des enjeux majeurs sur le plan des conditions de travail des artistes. De ce nombre, 9 ententes ont été renouvelées et quelque 160 lettres d’ententes ont été signées.

Le cinéma et la télévision

La négociation avec l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM) pour le renouvellement de l’entente cinéma et télévision pour les artistes interprètes qui arrive à échéance en décembre 2018 sera déterminante quant à l’établissement de conditions de travail saines sur les plateaux de tournage.

Le comité de négociation a travaillé d’arrache-pied tout au long de l’année à la préparation d’un projet complet qui touche aussi bien au rythme de travail, au harcèlement, qu’à la figuration, à la grossesse et bien sûr à la rémunération.

La publicité

Au moment d’écrire ces lignes, les négociations avec l’Association des producteurs conjoints (APC) entourant le renouvellement de l’entente des annonces publicitaires dites traditionnelles étaient toujours dans l’impasse après trois ans de négociation.

L’UDA a dû recourir à la médiation. Les producteurs allèguent les difficultés de l’industrie pour demander de nombreuses concessions, particulièrement en ce qui a trait aux permis pour les non-membres, aux versions comprises dans le cachet payé et à l’utilisation sur le Web d’annonces originalement produites pour la télé (move-over). L’UDA estime jusqu’ici que les arguments de l’APC ne sont pas suffisamment documentés pour être convaincants.

Parallèlement, nous avons préparé le projet de négociation de l’entente régissant la production d’annonces destinées à l’Internet et aux nouveaux médias. L’ultime enjeu de cette négociation repose sur une augmentation substantielle des tarifs d’utilisation qui devraient en toute logique être comparables aux tarifs de la télévision.

Le doublage

Les membres de l’UDA travaillant dans le secteur du doublage ont accepté de prolonger d’une année les deux ententes en vigueur. Depuis le dernier renouvellement, l’Union, par l’intermédiaire de la commission sur le doublage, a exercé une vigie serrée du marché. Les données recueillies permettront à l’UDA d’étoffer ses demandes auprès des gouvernements pour réclamer des engagements fermes pour soutenir cette industrie lorsqu’il s’agit de productions canadiennes financées par des fonds publics.

Le théâtre

Les ententes artistes interprètes et metteurs en scène et chorégraphes avec Théâtres associés inc. (TAI) ont toutes été renouvelées jusqu’en 2021. Nous amorçons les négociations avec l’Espace Go (artistes interprètes et metteurs en scène et chorégraphes), le Théâtre de La Manufacture (artistes interprètes et metteurs en scène et chorégraphes) et les Théâtres Unis Enfance Jeunesse (metteurs en scène et chorégraphes).

Les variétés et le phonogramme

Nous avons conclu une entente avec l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) visant la production de spectacles de musique de variétés à la scène, y compris la comédie musicale. Rappelons que les comédies musicales étaient auparavant couvertes par l’entente avec l’Association des producteurs de théâtre privé (APTP).

L’entente couvrant le phonogramme est toujours en médiation. Soulignons que les griefs avaient été déposés par l’ADISQ contre l’UDA et la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec invoquant le non-respect de l’entente en vigueur à la suite du dépôt de tarifs par Artisti auprès de la Commission du droit d’auteur.

L’audition des griefs devant l’arbitre et l’audition des tarifs devant la Commission du droit d’auteur ont été suspendues par les parties (ADISQ-Artisti) afin de permettre une reprise des négociations des ententes collectives avec l’UDA et la Guilde, et de la négociation d’une licence-cadre avec Artisti. Nous nous sommes donné jusqu’à Noël, pour voir si nous sommes en mesure de régler ces deux dossiers.

Le regroupement des artisans de la musique (RAM)

Au début de l’année, le ministère de la Culture et des Communications a accordé une subvention de 53 640 $ au RAM afin de mettre en œuvre l’axe 3 de sa plateforme, soit de créer un guichet unique de services et d’information aux artisans de la musique. Le comité de direction du RAM y travaille activement tout en poursuivant les représentations politiques pour trouver des solutions à un système qui ne correspond plus à la réalité de la nouvelle façon de consommer la musique.

La vigie

Nous poursuivons notre implication sur le terrain au moyen de visites régulières sur les plateaux de tournage et les scènes du Québec avec comme objectif d’agir de façon préventive quant à tout problème qui peut survenir sur les lieux de travail. Cette vigie inclut dorénavant la promotion du code de conduite en matière de harcèlement. Au cours de l’exercice 2017-2018, 80 visites ont été effectuées sur les plateaux de tournage et à la scène.

Par ailleurs, grâce à la vigie interne, l’équipe des relations du travail de l’UDA a récupéré quelque 850 000 $ au profit des membres en 2017 à la suite du traitement de 350 réclamations et griefs envoyés à des producteurs en télévision et en cinéma en vertu de l’entente collective avec l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM).

La formation continue

L’UDA poursuit ses efforts afin d’offrir une gamme diversifiée d’activités de formation répondant aux besoins des artistes. Au cours de la dernière année, le Service de la formation continue a augmenté significativement les sources de subventions, ce qui aura permis notamment de reprendre les formations en doublage en collaboration avec l’Institut national de l’image et du son (L’inis). C’est donc près de 225 000 $ provenant d’Emploi Québec qui a été consacré à la formation continue au cours de la dernière année.

Au revoir

C’est la dernière fois que j’ai le plaisir de vous présenter le rapport annuel de la direction générale, car je quitterai l’UDA à la fin de décembre pour la retraite.

Cela fera dix ans que j’ai le privilège de travailler à l’Union des artistes. Mes convictions pour une société juste, ouverte et fière de sa culture ont pris tout leur sens dès l’instant où je suis entrée au service de l’UDA. Ce fut un réel plaisir tout au long de ces années de vous côtoyer et de mener à vos côtés les grandes batailles pour la reconnaissance du droit des artistes à vivre de leur art.

À vous tous, merci pour ces belles années et bonne continuation.

Votre directrice générale,
Sylvie Brousseau