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Rapport annuel 2018 : message de Sophie Prégent

14 Novembre 2018

La dernière année a été intense à plusieurs égards pour l’Union des artistes, tant sur la scène politique qu’au sein même de son organisation. La défense des droits des artistes s’est jouée sur plusieurs fronts, et ce sera encore le cas pour la prochaine année. Chargée en émotion, l’année 2017-2018 a donné lieu à une grande mobilisation dans le secteur culturel, ce qui est rassurant pour la suite des choses.

Les allégations de harcèlement dans le milieu culturel ont été un dur coup pour nous tous. C’est un dossier qui a mobilisé plusieurs ressources de l’UDA au cours de la dernière année. Je suis fière de ce que nous avons accompli jusqu’à ce jour en matière de prévention du harcèlement et de l’aide apportée aux personnes qui en sont victimes ou témoins. Un plan d’action a été mis sur pied à l’automne 2017 à l’initiative de l’UDA pour contrer le harcèlement sous toutes ses formes en milieu de travail.

Nous avons travaillé tout au long de l’année en collaboration avec 43 associations, syndicats, organismes et regroupements du secteur culturel afin de mettre en place les volets suivants du plan d’action avec le soutien financier du ministère de la Culture et des Communications :

  • Une déclaration commune pour un environnement de travail exempt de harcèlement dans le milieu culturel québécois rendue publique en décembre 2017 lors du Forum sur les agressions et le harcèlement sexuels organisé par le gouvernement.
     
  • L’Aparté (le guichet unique), un organisme neutre et indépendant qui offre une écoute, de l’accompagnement ainsi que des services et des conseils gratuits aux artistes et travailleurs du milieu culturel en matière de harcèlement et de violences en milieu de travail, lancé le 4 septembre 2018.
     
  • La mise en place à l’automne 2018 d’un code de conduite distribué en 5 000 exemplaires pour affichage dans les différents lieux de travail du secteur culturel, code qui présente les éléments décrivant ce qu’est le harcèlement et qui indique à qui signaler une conduite inappropriée ainsi que les ressources où diriger ceux et celles qui le subissent ou qui en sont témoins.
     
  • Le développement d’une activité de formation en ligne confiée à l’Institut national de l’image et du son (L’inis) au printemps 2018, et qui sera accessible au début de l’année 2019.

C’est ensemble que nous réussirons à bannir le harcèlement dans tous les lieux de travail et à nous assurer, à toutes et à tous, un milieu de travail sécuritaire, où aucun comportement inapproprié ne sera toléré. Nous y veillerons. Collectivement.

Du côté de l'Union

L’année s’est aussi avérée occupée en ce qui a trait aux affaires internes de l’Union des artistes.

À l’automne 2017, nous vous avons sondés pour définir les orientations du plan d’action de l’UDA 2018-2022 et vous avez été nombreux à y répondre. Vous avez fait preuve d’une ouverture sur l’autre sans équivoque pour les questions qui portaient sur les conditions d’admission des membres à l’UDA, particulièrement pour les membres issus de la diversité.

Les finissants d’écoles reconnues par l’UDA et les artistes qui font la preuve d’une expérience professionnelle pertinente acquise dans les régions du Québec ou ailleurs au Canada ou encore à l’étranger peuvent maintenant acquérir en bloc 15 des 30 crédits nécessaires pour devenir membres actifs.

Par ces nouvelles mesures, nous voulions rendre l’UDA plus accueillante, plus adaptée à la nouvelle réalité démographique du Québec.

Un autre dossier auquel nous avons consacré temps et énergie est celui des assurances. Comme vous le savez, des modifications importantes devaient être faites au programme d’assurance, ce qui a amené le conseil d’administration à faire des choix au cours de la dernière année.

Pour assurer la pérennité du programme d’assurance, nous avons été dans l’obligation entre autres de faire passer de 3 % à 4,5 % la part des contributions versées par les producteurs au programme d’assurance. Il a donc été décidé de transférer 1,5 % des contributions versées par les producteurs au REER vers le programme d’assurance à partir du 1er mars 2018.

Certaines de ces décisions vous ont inquiétés. Nous vous avons donc consultés afin d’agir et d’offrir, dans la mesure du possible, des options que vous nous avez suggérées.

Ainsi, après un sondage envoyé le 29 mars et une assemblée générale extraordinaire tenue le 16 avril 2018, où ont eu lieu de nombreux échanges, l’UDA a décidé d’offrir à ses membres la possibilité de compenser cette diminution de 1,5 % du REER (transférée au programme d’assurance), en déplaçant du Fonds COPAR (chèque de vacances) ce 1,5 % vers le REER. Sachez que vous pourrez effectuer ce choix dès le mois d’avril 2019, et qu’il vous sera possible de revoir ce choix chaque mois d’avril.

De plus, nous avons également tenu compte de vos suggestions en ce qui a trait aux modifications de certaines couvertures d’assurance qui seront en vigueur à partir du 1er mars 2019.

Sur le front politique

Nos actions politiques ont occupé une place importante, autant sur le plan provincial que fédéral.

Le gouvernement du Québec nous a écoutés et nous a entendus lors de l’élaboration de la politique culturelle du Québec, Partout, la culture, rendue publique en juin 2017.

Rappelons que, en mai 2016, nous avions déposé un mémoire qui comprenait 50 recommandations dans le cadre des consultations sur le renouvellement de la politique culturelle. En septembre 2017, nous avions également eu l’occasion de commenter les orientations et les objectifs proposés dans le projet de politique de juin 2017 et de faire valoir le point de vue de l’Union sur les priorités à définir pour le plan d’action.

Nous avons ainsi accueilli avec enthousiasme le plan d’action gouvernemental 2018-2023 qui accompagne cette politique culturelle, dévoilé par le premier ministre d’alors, Philippe Couillard, en juin 2018.

Nous allons nous assurer que Mme Nathalie Roy, la nouvelle ministre de la Culture et des Communications et responsable de la langue française, donnera suite à ce plan d’action, particulièrement le financement annoncé pour les 5 prochaines années (près de 600 M$).

L’UDA veillera également à ce que la révision annoncée de la Loi sur le statut de l’artiste se concrétise.

Nous sommes également intervenus à la fin de l’été, avec d’autres associations, afin de dénoncer l’annulation de plusieurs sorties culturelles dans les écoles.

Nous avons aussi interpellé le gouvernement du Canada dans plusieurs dossiers, notamment à propos de la révision de la Loi sur la radiodiffusion et de la Loi sur les télécommunications. Nous participerons à toutes les consultations visant la réforme de ces deux lois et, au moment d’écrire ces lignes, nous préparons avec l’ARRQ, l’AQTIS et la SARTEC notre comparution le 26 octobre prochain devant le comité Yale, un comité d’experts chargé de faire des recommandations au gouvernement sur les modifications à apporter aux deux lois pour les adapter au contexte numérique.

En ce qui a trait à la réforme de la Loi sur le droit d’auteur, Annie Morin, directrice d’Artisti, et moi avons exprimé nos préoccupations lors de la comparution en lien avec les modèles de rémunération des artistes le 7 juin 2018, devant le Comité permanent du patrimoine canadien et le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie.

Comme vous le voyez, il reste beaucoup à faire.

Nous poursuivrons nos représentations politiques auprès du gouvernement du Québec et du gouvernement du Canada qui sera, de plus, en élection en 2019. C’est donc dire que nous devrons peut-être défendre de nouveau certains dossiers selon les résultats des élections fédérales. Et je tiens à vous rappeler que l’année 2019 est aussi une année électorale pour l’Union des artistes. En mars 2019, les membres auront à élire un nouveau conseil d’administration.

Beaucoup de travail en perspective…

Je tiens à remercier mes collègues du conseil d’administration et des comités ainsi que tout le personnel de l’UDA pour leur travail consciencieux au cours de la dernière année. Nous poursuivrons nos travaux avec la même énergie.

Votre présidente,
Sophie Prégent


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