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Pourquoi autant pénaliser la culture?

29 Septembre 2020

À tous les membres,

Nous avons appris hier avec grand étonnement la nouvelle annoncée par le premier ministre, François Legault, à l’effet que les théâtres, les salles de spectacles, les cinémas, les musées et les bibliothèques situées dans les zones rouges devaient fermer mercredi, à minuit.

Pourtant, les médias ne rapportent aucun foyer d’éclosion de la COVID-19 dans les lieux de diffusion. Encore une fois, c’est le milieu culturel qui écope. Il faut rappeler que des mesures sanitaires rigoureuses avaient été mises en place cet été dans le secteur culturel. Des mesures qui ont été respectées scrupuleusement par tous.

Soyons clairs, l’UDA comprend tout à fait les enjeux de santé publique et la nécessité d’endiguer la transmission communautaire du virus. Personne ne souhaite revivre l’hécatombe survenue au printemps. L’UDA n’est pas inconsciente. Ses membres ne sont pas insensibles. Malheureusement, que l’on soit pour ou contre cette décision, c’est dans l’optique de la dangerosité des rassemblements que le gouvernement s’est vu dans l’obligation de procéder à cette nouvelle fermeture des lieux de diffusion, des cinémas, des musées et des bibliothèques.

Cependant, fallait-il annoncer ces nouvelles mesures restrictives alors que la PCU prenait fin la veille et que les nouveaux programmes d’aide du gouvernement fédéral ne sont pas encore mis en place (notamment la Prestation canadienne de relance économique, la PCRE, qui s’adresse aux travailleurs autonomes)? Une situation des plus anxiogènes pour les artistes.

Notre milieu avait pourtant réussi un tour de force en mettant sur pied des programmations audacieuses adaptées à ces enjeux de santé publique en sachant pertinemment que la rentabilité ne serait peut-être pas au rendez-vous. Les artistes et les travailleurs du milieu culturel sont créatifs et entrepreneurs dans l’âme. Ils savent se retourner sur un dix cennes. Pourtant, toutes ces qualités n’ont pas suffi à éviter le pire.

Pour toutes ces raisons, nous nous posons des questions sur le bien-fondé de cette décision du gouvernement qui nous apparaît injuste et sans appel.

Aujourd’hui, Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications, accompagnée des membres de son équipe, nous a convoqués à une rencontre téléphonique à laquelle participait une quarantaine de représentants du secteur culturel, dont l’UDA, pour tenter de répondre à toutes les questions posées par les intervenants.

Lors de cette rencontre, la ministre et son équipe ont indiqué que, d’ici vendredi, une nouvelle mesure d’aide et de soutien financier serait dévoilée pour compenser les conséquences engendrées par la fermeture des lieux de diffusion. Notons que, jusqu’à présent, les artistes n’ont pas été dédommagés pour la très grande majorité des contrats annulés depuis le début de la pandémie. Espérons que cette aide attendue vendredi prochain palliera cette situation déplorable.

Le milieu culturel, notamment l’UDA, a démontré sa capacité à s’adapter. Tout le milieu a collaboré dès les premières heures avec la Direction nationale de la santé publique, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail et le ministère de la Culture et des Communications à l’élaboration des guides de mesures sanitaires, notamment le Guide de normes sanitaires pour le secteur des arts de la scène, les salles de spectacle et les cinémas – COVID-19.

Les diffuseurs et les producteurs ont fait des efforts et ont investi du temps et de l’argent dans le but de se conformer aux normes sanitaires. Les artistes ont adapté leur façon de travailler. Le grand public a aussi respecté ces mesures de sécurité. Nous pouvons tous nous féliciter, nous avons été exemplaires.

À partir de maintenant, le ministère de la Culture et des Communications et le secteur culturel devront réfléchir sur l’élaboration de mesures pérennes. Nous voulons intervenir auprès des gouvernements afin que des mécanismes de reddition de compte soient mis en place dans le but de s’assurer que l’aide percole jusqu’aux artistes sur le terrain.

Les artistes ne sauraient faire face à une prolongation de cette deuxième vague et continuer à vivre dans la précarité dans laquelle la pandémie les a plongés depuis mars dernier.

Soyez assurés que nous porterons votre voix avec force auprès des institutions et des gouvernements et que nous vous tiendrons bien entendu au courant de tous les développements.

Votre présidente,

Sophie Prégent