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Négociation de l'entente des annonces publicitaires : deuxième essai

8 Mars 2019

L’entente collective des annonces publicitaires Télé/Radio (dites « traditionnelles ») liant l’UDA et l’APC1 est échue depuis septembre 2015, date depuis laquelle les parties négocient en vue de son renouvellement.

Malgré leur durée, les pourparlers n’ont pas encore abouti à un accord. Les producteurs avaient au départ de nombreuses demandes de concessions importantes, qu’ils justifiaient surtout par l’état de l’industrie québécoise de la publicité, aux prises avec une sérieuse diminution de la production originale faite au Québec au profit notamment de la production anglophone, de la production issue de la compétition internationale et de la production faite hors des ententes syndicales. Pour stopper cette érosion, l’APC demande de rendre plus compétitif le modèle d’affaires fondé sur l’entente collective actuelle, qui souvent impose, selon eux, des conditions plus onéreuses que plusieurs, voire même toutes les ententes collectives au monde dans ce domaine de production.

De son côté, l’UDA avait au départ reçu de ses membres le mandat de défendre les conditions acquises au fil des ans, parfois au prix de dures batailles et qui, il faut le reconnaître, font du travail d’artiste en publicité une importante source de revenus. Pour plusieurs, c’est elle qui permet de joindre les deux bouts, compensant les cachets moindres qu’on peut espérer dans les autres domaines (théâtre, film, télévision, etc.).

On le conçoit facilement, ces deux positions sont difficilement réconciliables comme le démontrent la durée des pourparlers et l’allure des échanges qui, à plusieurs reprises, on ne s’en surprendra pas, ont frôlé l’affrontement.

Les parties ne se sont pas engagées dans la voie des hostilités, et, compte tenu de l’ensemble du dossier, il s’agit bien là d’un premier point positif. Dans un ultime effort de rapprochement, elles ont convenu qu’il est nécessaire, avant d’apporter toute modification à l’entente collective dans un sens ou dans l’autre, de procéder à une analyse objective de l’industrie et de la santé de la production publicitaire québécoise et de rechercher le meilleur arrimage possible entre les conditions de travail et de rémunération des artistes fournies par l’entente collective et la réalité actuelle de la production publicitaire. Pour ce faire, elles ont résolu de constituer un comité bipartite dont l’objectif premier sera de concevoir un modèle d’affaires qui contribuera à augmenter le nombre de campagnes publicitaires conçues au Québec et incidemment le volume de cachets payés aux artistes dans le domaine de la publicité. Elles se sont entendues sur un principe directeur important : l’enrichissement collectif ne devrait pas se faire systématiquement au prix de l’appauvrissement individuel.

L’UDA et l’APC ont donc choisi d’adopter une approche plus réaliste, qui risque certes de changer certaines normes en vigueur depuis longtemps, mais qui vise à long terme et globalement l’augmentation de la production publicitaire québécoise et l’amélioration des revenus collectifs des artistes.

Réunis en assemblée sectorielle le 26 février dernier, les membres de l’UDA ont accepté unanimement de donner une nouvelle chance à la négociation ainsi révisée, et de tenter ce deuxième essai en souhaitant qu’il se traduise par une entente profitable pour les deux parties et pour leurs membres.

Les dispositions de l’entente collective 2012-2015 qui prévalent encore aujourd’hui demeurent donc en vigueur jusqu’à la signature d’une nouvelle entente. Le comité bipartite commencera ses travaux dans les prochaines semaines en s’arrêtant d’abord à la définition de son mandat et d’un échéancier.

Nous vous tiendrons informés des développements.


1. L’APC (Association des producteurs conjoints) regroupe l’ACA (Association canadienne des annonceurs), l’ICP (Institut des communications et de la publicité) et l’A2C (L’APC (Association des producteurs conjoints) regroupe l’ACA (Association canadienne des annonceurs), l’ICP (Institut des communications et de la publicité) et l’A2C (Association des agences de communication créative).