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Michel Tremblay reçoit l’insigne de l’Ordre des francophones d’Amérique

6 Novembre 2019

« Je suis né dans une ville qui est restée francophone grâce à des femmes fortes qui ignoraient qu'elles l'étaient. »

C’est en ces mots que l’écrivain et dramaturge Michel Tremblay a commencé son allocution lors de la cérémonie de remise de l’insigne de l’Ordre des francophones d’Amérique décerné par le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) à l’hôtel du Parlement, à Québec, le 9 octobre dernier. Cette cérémonie se tenait sous la présidence d'honneur de Simon Jolin-Barrette, ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration et ministre responsable de la Langue française, en présence de Pierre Boutet, président du Conseil supérieur de la langue française et président de l’Ordre, d’Alicia Despins, membre du comité exécutif de la Ville de Québec et de plusieurs invités, dont Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes, qui a soumis la candidature du récipiendaire, et Tania Kontoyanni, vice-présidente – Montréal.

Pour Sophie Prégent, Michel Tremblay a révolutionné la dramaturgie québécoise, autant sur le plan narratif que sur celui de la langue. « Je suis très heureuse qu’on reconnaisse sa contribution exceptionnelle à l’épanouissement de la langue et de la culture francophones en Amérique. Avec Les Belles-Sœurs, il est celui qui a osé mettre en scène pour la première fois uniquement des femmes qui s’exprimaient en français québécois, le joual, comme on disait à l’époque. Si sa pièce a obtenu du succès, certains représentants de l’élite du milieu culturel l’ont vivement critiquée … Cette polémique peut nous sembler lointaine aujourd’hui quand on mesure l’envergure de son œuvre théâtrale et romanesque... »

Une œuvre jouée et lue partout dans le monde

Cette caractéristique qu’est la langue québécoise francophone parlée en Amérique du Nord a su trouver écho dans quelque 50 pays où on compte plus de 2000 mises en scène de ses œuvres, dont Les Belles-Sœurs, Albertine en cinq temps et À toi, pour toujours, ta Marie-Lou qui ont été jouées et qui le sont encore aujourd’hui en français de France, de Belgique, de Suisse, et en d’autres langues, dont plusieurs langues vernaculaires telles que l'anglais écossais de la classe ouvrière de Glasgow, appelée le « Glaswegian », ainsi qu’en irlandais et en gallois. 

L’œuvre de Michel Tremblay est immense : 37 pièces de théâtre et 28 romans traduits dans plus de 40 langues, 6 recueils de récits autobiographiques et 1 recueil de contes, 7 scénarios de film et de télévision, 44 traductions ou adaptations d'auteurs étrangers, 2 téléfilms, 1 téléroman (Le coeur découvert), 1 livret d'opéra (Nelligan, en 1991), 1 spectacle symphonique (Les Belles-Soeurs, en 2014), 2 comédies musicales et une douzaine de chansons écrites pour Pauline Julien, Renée Claude, Monique Leyrac et Ginette Reno. Et cette liste n’est pas exhaustive...

Déjà en 1987, on pouvait mesurer l'influence des Belles-Soeurs à l'international dans le magazine littéraire français Lire qui classait cette pièce parmi les 50 pièces, toutes époques confondues, à avoir chez soi pour qui s'intéresse au théâtre; en 2007, le journal The Scotsman qualifiait, quant à lui, la pièce The Guid Sisters comme l'un des 20 événements théâtraux les plus importants dans l'histoire de l'Écosse.

L'importance de son oeuvre au Québec, au Canada et à l'étranger a valu à Michel Tremblay six doctorats honoris causa et 85 prix, mentions et honneurs, dont le Grand Prix de la Francophonie de l'Académie française en 2018.

  • Pour lire l’allocution de Michel Tremblay, dans laquelle il rend hommage aux femmes de sa vie, cliquez ici.

Michel Tremblay, entouré de Simon Jolin-Barrette, ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration et
ministre responsable de la Langue française,
de Pierre Boutet, président du Conseil supérieur de la langue française et
président de l’Ordre, et d’Alicia Despins, membre du comité exécutif de la Ville de Québec.

© Union des artistes