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L’UDA, la relève et le cinéma d’auteur

13 Février 2020

L’adoption, en octobre dernier, du nouveau règlement 21.8* concernant la diffusion ou la publication d’offres d’embauche pour des productions qui ne sont pas en règle avec l’Union des artistes a provoqué de nombreuses réactions. Bien que la majorité des membres ait salué la décision du conseil d’administration de l’UDA, certains commentaires nous ont permis de constater la persistance d’idées préconçues et obsolètes concernant l’effet UDA sur la création québécoise, plus particulièrement pour les projets portés par la relève et la production de longs, moyens ou courts métrages qui ne reçoivent que peu ou pas de financement public.

Je vous propose le premier d’une série d’articles qui a pour but de vous informer sur le fonctionnement réel de l’Union, aujourd’hui en 2020, et qui permettra, je l’espère, de déboulonner certains mythes.
 

L’UDA et les productions étudiantes


Plusieurs universités et cégeps offrent des programmes de formation en production audiovisuelle. Il n’est pas rare que des étudiants inscrits à ces programmes sollicitent des artistes professionnels pour participer aux courts métrages, émissions ou capsules qu’ils produisent dans le cadre de ces formations. Les motivations d’un artiste qui accepte un rôle dans une production étudiante sont nombreuses : encourager la relève et participer à sa formation, investir dans le futur en collaborant avec un étudiant-réalisateur susceptible de générer du travail rémunéré après sa formation, enrichir le contenu de son portfolio, etc. Et, pour l’UDA, toutes ces raisons sont valables.

À ce moment-ci, il importe de rappeler que l’UDA est un syndicat professionnel. Son champ de compétence (juridiction) s’exerce donc dans le cadre de productions professionnelles. Une œuvre produite et exploitée dans un cadre scolaire, quels que soient le programme de formation artistique et l’établissement d’enseignement dans lesquels un projet s’inscrit, demeure une production non professionnelle (amateur). L’UDA n’exerce donc pas sa juridiction. Cependant, dans ce contexte précis, c’est vous, à titre d’artiste professionnel membre de l’UDA, qui avez une obligation envers votre syndicat. Voici la marche à suivre pour honorer cette obligation.
 

Mythe no 1 : L’UDA interdit à ses membres de travailler gratuitement


En fait, l’article 21.5 de nos règlements généraux prévoit qu’« À moins d’avoir reçu l’autorisation du comité de direction, nul ne peut travailler gratuitement dans le cadre des juridictions de l’UDA. »

La production audiovisuelle (cinéma, télévision, nouveaux médias, doublage et œuvres de commande) fait partie des juridictions de l’UDA, tout comme les arts de la scène (théâtre, danse, variétés, comédie musicale et lyrique), les enregistrements audio (phonogrammes) et la publicité. Mais, dans les faits, peu de membres se prévalent de la possibilité de recevoir cette autorisation du comité de direction, qui est pourtant très simple à obtenir lorsque l’on en fait la demande.

Voici un exemple, mis en pratique depuis de nombreuses années, par des membres de l’UDA qui souhaitent respecter les règlements de leur syndicat et sa juridiction :

Plusieurs actrices et acteurs font partie de chœurs amateurs pour maintenir ou améliorer leur technique vocale. Souvent, leur chorale organise un ou deux concerts annuels et ils veulent y participer sans être rémunérés. Ces membres envoient alors un courriel au secrétariat général de l’UDA pour demander la permission de travailler gratuitement dans ce contexte particulier. Après quelques vérifications d’usage (fonction principale du membre et statut amateur du producteur), le secrétariat général leur confirme que le comité de direction autorise cette prestation bénévole, et ce, dans les 24 h à 48 h (jours ouvrables) qui suivent la réception de la demande. 

Les membres qui désirent participer à un tournage étudiant sans rémunération peuvent utiliser la même procédure. Si vous envoyez une demande par courriel, le secrétariat général pourra vous transmettre l’autorisation du comité de direction de travailler gratuitement. Ce courriel doit inclure les renseignements suivants :

  • Le nom du producteur amateur (un étudiant nécessairement en cours de formation et officiellement inscrit);
  • Le titre de l’œuvre;
  • L’établissement d’enseignement;
  • Le programme de formation.

Et, puisqu’il nous importe de mettre à votre disposition des outils qui vous permettront de protéger minimalement vos droits dans ce contexte, cette autorisation officielle sera accompagnée d’un contrat type, que vous pourrez conclure avec le producteur amateur, pour protéger votre droit à l’image et encadrer toute exploitation éventuelle de cette production à laquelle vous participerez bénévolement.
 

Surveillez les prochaines infolettres


Dans la prochaine édition de l’infolettre, je vous entretiendrai des politiques mises en place par l’UDA pour soutenir la production de films à petit budget (cinéma artisanal). Par la suite, des articles sur les producteurs non subventionnés qui font appel aux plateformes de sociofinancement pour amasser les fonds nécessaires à la concrétisation de leur projet et sur les positions de l’UDA à l’égard des courts métrages seront publiés. Je vous invite donc à suivre attentivement les prochaines parutions de votre infolettre.

En terminant, je vous rappelle que, en cas de doute concernant la conformité d’un producteur ou vos droits et responsabilités, vous pouvez toujours communiquer avec l’UDA. Le personnel est là, pour vous. La confidentialité est assurée et votre volonté à cet égard sera respectée.

* Le règlement 21.8 stipule que « Les membres ne sollicitent ou ne recrutent jamais d’artistes pour des productions qui ne sont pas en règle avec l’UDA. Par conséquent, ils s’abstiennent de publier, d’annoncer ou de relayer toute information relative à l’embauche d’artistes pour de telles productions, et ce, sur quelque plateforme de communication que ce soit. »

Pour consulter le document Règlements généraux de l’UDA, cliquez ici.

Syndicalement vôtre.

La secrétaire générale,

Natalie Lamarche
© Claude Pocetti