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L’UDA et les recherchistes

18 Février 2020

L’Union des artistes est un puissant syndicat dans milieu de la culture. Il s’est toujours positionné avec force comme précurseur des nouveaux courants du milieu. Il est aussi le plus vieux syndicat francophone d’artistes en Amérique. Il s’est doté très rapidement de la Caisse de sécurité du spectacle, connue depuis 2002 sous le nom de la Caisse de sécurité des artistes. Et, c’est dans les années 90, que Serge Turgeon, président de l’Union à l’époque, a travaillé sur la toute première version de la loi sur le statut de l’artiste avec madame Lise Bacon, alors ministre de la Culture. C’est aussi dans les années 90, sous la présidence de Pierre Curzi, que l’UDA a créé Artisti, la seule société de gestion collective francophone d’interprètes en Amérique. L’UDA a aussi sa propre Fondation (la Fondation des artistes) qui vient en aide aux artistes qui traversent une période de détresse financière, qu’ils soient membres ou non de l’UDA.

Bref, de tout temps, l’UDA a su créer des entités dans le but de mieux représenter les artistes et mieux les protéger. Elle a toujours été avant-gardiste, visionnaire et bien en avant de son temps.

Ce sont des exemples qui ne prouvent qu’une chose; nous sommes, chacun de nous, des artistes, travailleurs autonomes, de petites PME avec nos enjeux personnels de carrières, mais dans l’urgence, nous sommes aussi capables de nous regrouper, de parler d’une seule voix forte dans le but de faire valoir nos droits. C’est d’ailleurs une chose que j’admire encore chez mes pairs : savoir faire les choses ensemble. Cette notion, encore aujourd’hui, me touche profondément.

Aujourd’hui, plus que jamais, les oligarchies numériques changent la donne et nous menacent. Pour survivre nous devrons nous unir.

Nous travaillons présentement à exercer notre juridiction à la radio, juridiction que nous avons déjà, mais que nous n’avons, jusqu’à ce jour, jamais exercée.

Pourquoi maintenant?

Par nécessité.

Parce que des artistes qui y œuvrent nous l’ont demandé. Vous le constatez aussi, les choses évoluent... mal. Le métier change rapidement, et pas en notre faveur. Le milieu de la radio, comme tous les autres, est un milieu extrêmement féroce, nous y sommes absents, alors c’est maintenant que nous nous y mettons. Nous faisons aussi des démarches pour les jeux vidéo. Même chose pour la publicité à l’international, où les producteurs installés hors du pays, malheureusement, ne sont pas visés par nos ententes. Ce ne sont que quelques exemples de nos actions. Si on veut rester forts, il n’y a pas 36 solutions au problème. Il faut agir.

Bientôt, une occasion nouvelle pourrait se présenter. Une occasion d’élargir, encore une fois, notre juridiction. Le conseil d’administration y réfléchit depuis un certain temps.

Les recherchistes, une communauté d’environ 300 travailleurs autonomes du milieu des arts (peut-être plus), sont des professionnels qui ne sont plus représentés par aucune association depuis plus de 20 ans. Donc, pas de sécurité d’emploi, aucun REER, pas d’assurance collective, évidemment pas de 4 % (indemnité de vacances), pas d’ententes collectives, encore moins de griefs pour les défendre, bref, pas de pouvoir de négociation et aucune reconnaissance. Ils se représentent seuls et sont complètement isolés.

Selon nos conseillers, des spécialistes en relations du travail, l’UDA dispose de tous les arguments nécessaires pour revendiquer et obtenir cette reconnaissance juridique. Mais pour ce faire, nous devrons aller au fond des choses.

À l’aube des années 90, conséquemment à l’adoption de la toute nouvelle loi québécoise sur le statut de l’artiste (LSA) en 1988, la cause des recherchistes a été portée devant les tribunaux. Elle s’appuyait sur la description du métier de recherchiste de l’époque pour tenter de prouver qu’ils étaient bien des artistes au sens de la loi. Sans succès. Aujourd’hui, les tâches propres à ce métier ont à ce point évolué que, selon nos conseillers en relations du travail, les recherchistes pourraient désormais faire partie intégrante de la création artistique des œuvres. L’idéation, la conception, la mise en scène sont des activités professionnelles qui leur confèrent, indéniablement, le statut de créateur. Nos spécialistes estiment qu’il est tout à fait possible, dans le cadre de la LSA, de représenter ces professionnels en faisant valoir les nouvelles fonctions qu’ils assument. On ne peut plus prétendre qu’ils ne sont pas des artistes créateurs et l’UDA est LE syndicat le mieux positionné pour gagner cette bataille.

L’UDA a-t-elle le devoir et la responsabilité de soutenir ses pairs, comme elle l’a toujours fait dans le passé, et faire en sorte que ces recherchistes soient protégés et représentés par un puissant syndicat? Avons-nous les outils pour le faire? Oui, bien sûr, sinon nous ne l’envisagerions simplement pas. Le Fonds de réserve syndicale, un fonds de 9 M$, est dédié à l’élargissement des juridictions de l’Union des artistes. C’est sa vocation première (résolution Boucher, en mars 1966). Et nous avons aussi les effectifs. Notre équipe en relations du travail a déjà gagné de nombreuses batailles juridiques, ce ne serait rien de nouveau pour elle.

Est‑ce que les recherchistes sont des artistes créateurs au sens de la loi? La réponse à cette question ne relève pas de l’Union des artistes, mais du Tribunal administratif du travail (TAT). Par contre, l’importante décision de poursuivre ou non la démarche juridique pour obtenir cette réponse relève, elle, du conseil d’administration de l’UDA. Et, pour prendre une décision éclairée, il a besoin de connaître votre opinion à vous, membres de l’Union.

Voici une capsule vidéo où je vous explique les particularités de ce dossier : 

Je vous invite à poursuivre la réflexion avec nous. Écrivez-nous vos commentaires à cette adresse : communique@uda.ca.

Vous avez jusqu’au 24 février, à 23 h 59, pour nous écrire.

Votre présidente,
Sophie Prégent


Pour consulter tous les mots de la présidence