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Jean Brousseau, comédien et ancien président de l’UDA, nous a quittés…

7 Juillet 2020

Un dur printemps et dur début d’été pour l’Union des artistes qui a appris le 19 juin le décès du comédien et ancien président de l’UDA en 1974 et en 1975, Jean Brousseau, qui s’est éteint le 17 juin dernier à l’âge de 90 ans. Au nom de tous les membres de l’UDA, nous offrons nous plus sincères condoléances à sa famille, à ses amis et à toute sa famille artistique qui l’a côtoyé tout au long de sa carrière.

Jean Brousseau a laissé sa marque à la télévision, qui l’a fait connaître du grand public, et au théâtre, en plus d’avoir prêté sa voix à des acteurs étrangers dans le domaine du doublage et d’avoir fait une incursion au cinéma.

Né en 1929 à Québec, Jean Brousseau a fait ses classes au sein de deux troupes de théâtre au début des années 1950 : les Apprentis et les Comédiens de Québec. Il part pour Montréal en 1956. Le comédien se fait d’abord connaître dans la populaire émission Les belles histoires des pays d’en haut, dans laquelle il interprète le rôle du docteur Jérôme Marignon, amoureux de la belle Donalda, mariée à Séraphin, personnage interprété par Andrée Champagne décédée il y a quelques semaines déjà… Le comédien a laissé sa marque avec ce personnage qui’il a interprété de 1958 à 1968.

Puis, dans les années 1960 jusqu’au début des années 1990, il a enchaîné les rôles à la télévision, notamment dans des émissions jeunesse, et surtout au théâtre,  D’ailleurs, selon son fils, le journaliste François Brousseau, Jean Brousseau « était d’abord un homme de théâtre ». Il a joué les classiques comme Strindberg, Shakespeare, Molière et Tchekhov pour ne nommer que ceux-ci. Aux dires de son fils, Techekhov était l’un de ses dramaturges favoris, lui qui avait joué le rôle de Platonov, un manipulateur tragique, dans la pièce Ce fou de Platonov. « Quand on lui demandait quelle pièce l’avait le plus marqué », a rapporté François Brousseau au Devoir, « il répondait que c’était celle-là. Elle avait été montée au défunt théâtre L’Égrégore. Je suis retombé sur des coupures de presse dans les cartons de mes parents, au sujet de la pièce, dont une critique élogieuse de Gérald Godin : “Jean Brousseau a toute l’âme qu’il faut pour jouer ce rôle […] Derrière ces masques, on sent l’homme qui souffre et qui cherche.”

Jean Brousseau au aussi joué les classiques québécois, dont la première pièce de Michel Tremblay intitulée Le Train, jouée en 1965, pièce qui avait valu à son auteur le premier prix du concours des jeunes auteurs de Radio-Canada (en 1964), et dans Médium Saignant, une pièce politique de Françoise Loranger, qui avait provoqué à l’époque la controverse, et où il partageait la vedette avec Jean Duceppe. Il a aussi été de la distribution de plusieurs pièces et de téléthéâtres de Marcel Dubé.

Au petit écran, Jean Brousseau a incarné Paul Gouin dans la minisérie politico-historique Duplessis, scénarisée par Denys Arcand (1977) et Esdras Jobin dans la chronique d’après-guerre Boogie-woogie 47 (1980-1982), écrite par Claude Jasmin.

Au cinéma, Jean Brousseau a joué notamment dans Les Mains nettes de Claude Jutra, en 1958 et dans Black Robe, de Bruce Beresford, en 1991, où il incarnait Samuel de Champlain.  

Jean Brousseau a doublé une trentaine d’acteurs en plus de prêter sa voix à des films d’animation, dont Donkey Kong Country (Donkey Kong), The Little Mermaid 2: Return to the Sea (La Petite Sirène 2: Retour à la Mer), Top Cat and the Beverly Hills Cats (Le pacha à Beverly Hills), Mulan (Mulan), Homeward Bound II: Lost In San Francisco (Retour au Bercail II - Perdus à San Francisco).

Sophie Prégent, présidente de l’UDA, tient à rappeler l’engagement de Jean Brousseau au sein de l’Union, lui qui avait à cœur l’obtention de meilleures conditions de travail pour ses pairs. « Jean Brousseau a fait partie de plusieurs comités et en a dirigé quelques-uns avant d’occuper le poste de vice-président, puis celui de président en 1974. Durant ses années à l’Union, il s’est beaucoup investi dans la négociation de nouvelles règles encadrant le travail des artistes oeuvrant en doublage. Il fait partie de ces comédiens qui se sont battus pour nos conditions de travail, souvent obtenues de haute lutte à une époque qui était tout autre. Nous leur devons beaucoup. »

Sur la vie syndicale, Jean Brousseau avait déclaré : « La camaraderie, l’amitié, le coude-à-coude dans la chaleur du combat, les frictions quelquefois, la passion partagée, les rencontres heureuses ou douloureuses. La vie syndicale enfin qui mérite que l’on s’y frotte. » ‒ Livre souvenir intitulé L’Union des artistes, 75 ans de culture au Québec, 2012

 
 
 
Photo 1 : Début 2000, Jean Brousseau accompagnée de son épouse, la comédienne Lise L'Heureux; photo : Gracieuseté de la famille Brousseau
Photo 2 : TNM 1971, avec Pierre Collin dans Le Misanthrope (Philinte); photo : André Le Coz
Photo 3 : Radio-Canada, année 50, coanimateur de l'émission La terre est ronde avec la comédienne et amie Yolande Roy; photographe inconnu.