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Jacques Godin : un grand comédien nous quitte...

27 Octobre 2020

L’Union des artistes a appris avec tristesse le décès du comédien Jacques Godin, décédé lundi à 90 ans. Nous offrons nos plus sincères condoléances à ses proches, notamment sa conjointe Brigitte Bougie, journaliste à Radio-Canada, et à sa grande famille artistique qui l’a côtoyé au cours de sa longue et fructueuse carrière.

Jacques Godin faisait partie du paysage culturel depuis quelque 60 ans : il a marqué l’imaginaire des Québécois dès ses débuts, que ce soit au théâtre, dans les téléthéâtres, les téléromans, les séries dramatiques et au cinéma, que l’on pense à son rôle de Lennie dans le téléfilm Des souris et des hommes (1971) aux côtés de Hubert Loiselle, les téléromans Sous le signe du lion (1997-2001) et Montréal P.Q. (1992-1994), à Radio-Canada, et dans le film Being at home with Claude (1991), aux côtés de Roy Dupuis, qui lui vaudra une nomination pour un prix Genie dans la catégorie premier rôle.

Né en 1930, Jacques Godin est diplômé du Collège du Mont-St-Louis en 1950 (et intronisé en 2019 au Panthéon des Anciens du Collège du Mont-St-Louis). Avant de se diriger vers le théâtre, Jacques Godin fait d’abord le Corps-École d’officiers canadiens en 1949-1951 et devient lieutenant de réserve en 1951. Puis il décide d’entreprendre des études en sciences comptables à HEC Montréal (1953-1956) pendant lesquelles il s’inscrit à l’atelier du Théâtre du Nouveau Monde en 1953-1955 puis à l’atelier de Georges Groulx en 1956-1957.

Comme nombre de ses collègues de l’époque, il fait d’abord ses débuts  professionnels dans des  radioromans  de CKAC, de CKVL et de Radio-Canada, puis il se fait connaître de plus en plus grâce à la  télévision, notamment dans Radisson (1957-1959), téléroman de Pierre Gauvreau, et dans Septième Nord (1963-1967), téléroman d’André Bousquet. Puis il enchaîne les  rôles majeurs au théâtre, à la télé et au cinéma; on le voit dans nombre de téléromans et téléséries comme Scoop (1994), Urgence (1995-1996), Jasmine (1995), Lobby (1996), Ent’Cadieux (1999), Hunt for justice (2004, de Charles Binamé), Grande Ourse (2002), et plus récemment, Mémoires vives (2014-2016), Mensonges (2014) et Toute la vérité (2009-2013).

Au théâtre, il a laissé sa marque en jouant dans des classiques d’auteurs québécois et étrangers, comme Victor-Lévy Beaulieu (Votre fille peuplesse par inadvertance et Sophie et Léon; 1990 et 1992), Michel Tremblay (L’impératif présent; 2003), Pedro Calderon de la Barca (La vie est un songe; 1997), Beckett (Fin de partie; 1993),  Brecht (Jeanne Dark des Abattoirs; 1994), Garcia Lorca (La savetière prodigieuse; 2005), David Mamet (Variations sur le canard; 1996), Shakespeare (Hamlet; 1999), Éric-Emmanuel Schmitt (Le visiteur; 1995), Tchekhov (La cerisaie; 2000), Wasserman (Vol au-dessus d’un nid de coucou; 1991) pour ne mentionner que ces pièces.

Éclectique, la filmographie de Jacques Godin compte notamment Après la peine de Ahn-Minh Truong (2011), La dernière fugue de Léa Pool (2009), La donation de Bernard Émond (2008), Dans une galaxie près de chez vous 2 de Philippe Gagnon (2007), Nez rouge d’Érik Canuel, et La conciergerie de Michel Poulette (1996).

Des rôles  marquants qui lui ont valu de nombreux prix, dont le prix de la meilleure interprétation masculine de l’Association québécoise des critiques de théâtre pour son rôle dans la pièce La charge de l'orignal épormyable (1989-1990) et un Gémeaux en 1993 pour l’adaptation télévisuelle de la pièce, également pour la meilleure interprétation ‒ premier rôle masculin. Son rôle du patriarche, Jérémie Martin, dans le téléroman Sous le signe du lion, lui vaut un Gémeaux en 1998 et en 2001 pour la meilleure interprétation – premier rôle masculin. Plus récemment, soit en 2012, il recevait un Gémeaux pour la meilleure interprétation masculine dans un rôle de soutien – série dramatique pourToute la vérité.

Soulignons que, en 2017, Jacques Godin joue dans une websérie intitulée Vieux jeu pour laquelle il a reçu le prix du meilleur acteur dans trois festivals, soit au Roma Web Fest en 2018, ainsiqu’au Bilbao Seriesland Festival, en Espagne, et au Buenos Aires Web Festival, en Argentine, en 2019.

Pour souligner son immense contribution à la culture québécoise et à son rayonnement, Jacques Godin a été nommé chevalier de l'Ordre national du Québec en 2017.

Soulignons que, le printemps dernier, il avait été nommé compagnon de l'Ordre des arts et des lettres du Québec (Conseil des arts et des lettres du Québec), mais comme la cérémonie avait été reportée à cause de la pandémie de la COVID-19, sa nomination et celle des autres récipiendaires n’avaient pas été rendues publiques par le CALQ.