Vous êtes ici

Partager sur

Forger l’avenir : plan d’action 2018-2022

18 Octobre 2018

Une rentrée d’automne intense. Le lancement de L’Aparté (guichet unique), un nouvel organisme neutre et indépendant qui est là pour vous offrir de l’écoute, de l’accompagnement, des services et des conseils gratuits en matière de harcèlement et de violences en milieu de travail, le congrès annuel de la Fédération internationale des acteurs tenu au Japon et auquel l’UDA a participé et des élections provinciales qui ont, avouons-le, réservé bien peu de place à la culture.

Pour l’Union des artistes, la rentrée se conjugue également avec la mise en œuvre de son nouveau plan d’action 2018-2022, qui est l’aboutissement d’une vaste réflexion faisant suite au sondage que nous avons effectué à l’automne 2017 et auquel vous avez été nombreux à répondre – plus de 1 000 membres. Nous vous avons lus, nous avons analysé vos réponses et pris connaissance des enjeux qui vous préoccupent et des orientations que l’UDA devrait prendre, selon vous, au cours des prochaines années. Nous avons noté les pistes de solution que vous avez proposées dans le but de mieux vous servir.

Ce type d’exercice – élaborer un plan d’action – est nécessaire, car il nous oblige à préciser nos orientations qui vont guider nos actions pour les cinq prochaines années, et à définir la priorité de nos actions. Je tiens à remercier les membres qui ont pris la peine de répondre au sondage et de nous faire part de leurs commentaires.

Une constatation : nous partageons les mêmes préoccupations, notamment en ce qui a trait à l’accessibilité au travail, à la présence des artistes de la diversité sur la scène et nos écrans, aux conditions de travail dans le Web, au travail au noir, aux nouvelles plateformes de diffusion et à leurs responsabilités, au maillage entre culture et éducation, à l’accès à la formation continue ainsi qu’aux artistes qui travaillent en région.

Améliorer l’accessibilité au travail est l’un des enjeux les plus importants pour lequel l’UDA doit se mobiliser selon les répondants au sondage. Le travail a déjà été amorcé dans ce dossier et nous le poursuivrons auprès des instances concernées. Nous continuerons d’exercer des pressions sur des sociétés d’État qui soutiennent les arts et la culture afin de mettre en place des mesures financières permettant aux producteurs de tenir plus d’auditions. Nous sensibiliserons les gouvernements, les bailleurs de fonds, les diffuseurs et les producteurs à la compétence des membres issus de la diversité prise dans son sens large : diversité culturelle, parité hommes-femmes, âge, pluralité des profils et des caractéristiques physiques pour favoriser l’accès au travail pour un plus grand nombre d’artistes.

L’UDA participera de façon active et constructive avec la ministre de la Culture et des Communications et responsable de la langue française, Nathalie Roy, à la mise en place du plan d’action de la politique culturelle annoncé en juin 2018 par le gouvernement précédent ainsi qu’à la révision de la Loi sur le statut de l’artiste.

Nous travaillerons entre autres à ce que l’octroi de subventions soit lié au respect de la Loi sur le statut de l’artiste qui devrait être révisée.

Nous avons également défini d’autres actions en vue de favoriser et soutenir la création originale francophone :

  • Exiger que les gouvernements obligent les plateformes de musique ou de vidéo à la demande, comme Netflix et Spotify, à percevoir les taxes provinciale et fédérale.
  • Demander l’imposition d’une redevance culturelle aux fournisseurs d’accès Internet dont les revenus seraient versés dans un fonds consacré à la création francophone.
  • Encourager la mise sur pied d’un fonds d’aide à la création financé par les grands groupes (Netflix, Amazon, Google, Apple) sous forme de redevances basées sur les revenus générés au Canada.
  • Poursuivre les représentations auprès du CRTC* pour le maintien et l’augmentation de la production de langue française originale, ainsi que pour le maintien de quotas francophones en musique.

Les conditions de travail sont au cœur des actions de l’UDA : nos actions porteront sur l’amélioration des conditions de travail pour les productions Web (revoir les tarifs à la hausse) et sur les plateaux de tournage (cadence de travail : réception des textes, rythme effréné, durée de la journée de travail, etc.), de même que sur l’instauration de clauses pour la maternité et pour contrer le harcèlement sous toutes ses formes lors des renouvellements d’ententes collectives. Nous veillerons à soutenir les artistes-entrepreneurs, par exemple en prévoyant des tarifs et des conditions qui tiennent compte des petits producteurs, ainsi qu’à maintenir, à élargir et à promouvoir l’autodéclaration qui ne semble pas très connue auprès des répondants au sondage.

Vous avez été nombreux à demander à ce que l’UDA augmente ses activités de vigie pour s’assurer du respect des conditions de travail, notamment en matière de santé et de sécurité. À cet égard, nous visons à instaurer au moins une visite lors de chaque production audiovisuelle. De plus, nous exercerons une vigie accrue dans les productions d’autres secteurs, comme les comédies musicales, la danse, le théâtre, etc.

La surveillance des réseaux sociaux n’est pas en reste, afin de contrer le travail au noir décrié par de nombreux répondants au sondage.

Évidemment, nous devrons manœuvrer dans un contexte où les défis du numérique sont omniprésents, où comme artistes, nous vivons des changements profonds dans la façon de pratiquer notre art et le public, de consommer la culture, tout en respectant l’environnement juridique et politique dans lequel évolue l’UDA.

Vous pouvez consulter le plan d’action 2018-2022 sur le site de l’UDA, section sécurisée, dans Mon centre d’information, rubrique Règlements généraux et autres publications.

*CRTC : Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes


Pour consulter tous les mots de la présidence