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Enjeux culturels et campagne électorale fédérale 2019

4 Octobre 2019

Vous avez été nombreux à répondre au sondage qui portait notamment sur les enjeux culturels qui sont prioritaires pour vous. Nous vous en remercions.

L’UDA veut profiter de la campagne électorale pour s’assurer que les enjeux que doivent affronter tous les artistes, enjeux cruciaux pour l’avenir de nos métiers, sont bien entendus et compris par les candidats et leur parti respectif.

Comme vous l’avez peut-être entendu au cours des derniers jours, des partis ont présenté des volets de leur programme en ce qui a trait à la culture, dont certains éléments correspondent aux enjeux que vous considérez comme prioritaires. On ne peut que s’en réjouir.

Toutefois, sur d’autres enjeux, les partis sont restés muets. C’est pourquoi nous les interpellons pour qu’ils se prononcent, qu’ils prennent des engagements fermes sur ce que vous considérez comme important.

Sondage UDA

Vos réponses au sondage nous permettent de dégager trois priorités en matière de culture, qui sont dans l’ordre :

  1. l’imposition d’une redevance culturelle (et non simplement une taxe) aux GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) et aux plateformes numériques (Netflix, Spotify, etc.) à partir des revenus générés au Canada, qui serait redistribuée dans un fonds pour soutenir financièrement les créations télévisuelles, cinématographiques ou musicales canadiennes et québécoises;
  2. l’imposition d’une redevance culturelle aux fournisseurs de services de télécommunication (accès Internet, téléphonie mobile, par exemple Bell et Vidéotron, etc.) qui serait redistribuée dans un fonds pour soutenir financièrement les créations télévisuelles, cinématographiques ou musicales canadiennes et québécoises;
  3. l’engagement de Netflix en vertu de son entente avec le gouvernement du Canada pour que le contenu original canadien qu'elle produit en anglais soit doublé au Québec.

Vos réponses nous montrent également que la condition socioéconomique des artistes est une préoccupation majeure, tout comme le financement des arts de la scène. L’importance de maintenir la pression sur les partis politiques en ce qui a trait aux budgets alloués aux organismes subventionnaires, comme le Conseil des arts du Canada, ressort de façon criante. Et c’est primordial si nous voulons continuer à nous produire ici et à l’étranger.

Ces enjeux ont, bien sûr, en toile de fond la promotion de l’offre de contenu original en français. C’est intrinsèque.

Sondage de la firme Léger auprès de la population québécoise

La population québécoise s’est aussi exprimée dans un sondage effectué par la firme Léger du 6 au 9 septembre à notre demande, sondage qui comportait des questions sur des enjeux culturels.

Le but du sondage Léger était de jauger l’intérêt des citoyens à l’égard de la culture et de mesurer leurs perceptions par rapport à la situation des artistes, et surtout de voir si les opinions de la population québécoise sont en phase avec celles des membres de l’UDA.

Les réponses des Québécoises et Québécois vont dans le même sens relativement à certaines questions.

Par exemple, 57 % des répondants francophones au sondage Léger ont indiqué que le gouvernement du Canada devrait obliger les fournisseurs de services de télécommunications (accès Internet, téléphonie mobile, par exemple Bell et Vidéotron, etc.) à payer une redevance qui serait redistribuée aux artistes pour soutenir financièrement les créations télévisuelles, cinématographiques ou musicales canadiennes et québécoises.

Les réponses au  sondage Léger montrent également l’importance du doublage fait au Québec pour la population en général tout comme pour les membres de l’UDA. En effet, les deux tiers des personnes sondées préfèrent un doublage en français fait au Québec et 70 % ont indiqué que Netflix devrait, en vertu de son entente avec le gouvernement du Canada, doubler au Québec le contenu original canadien qu'elle produit en anglais.

Position de l’UDA

Si elle se réjouit de certaines promesses faites par différents partis politiques, l’UDA va s’assurer que les actions suivent. Par exemple, une partie des montants prélevés par l’État au moyen d’une imposition de 3 % sur les revenus réalisés au Canada par les géants du Web devrait être réinvestie dans la création et la production de contenus canadiens originaux; c’est ce qu’on entend par redevance culturelle. Les annonces doivent être conséquentes avec les priorités que vous avez formulées.

Aussi, au moment d’écrire ces lignes, aucun parti n’a indiqué qu’il imposerait une redevance culturelle aux fournisseurs de services de télécommunication. Pourtant, l’accès à l’Internet est devenu le moyen privilégié par lequel le public a accès au contenu audiovisuel et musical, fruit de notre travail quotidien.

Il est urgent que les partis politiques prennent des engagements en ce sens.

Nous allons également interpeller les partis sur l’importance que le contenu original produit en anglais au Canada par Netflix soit doublé en français au Québec.

Enfin, le fait que le gouvernement fédéral n’impose pas la perception de la TPS par Netflix ou toute autre entreprise de ce type sur les abonnements est une iniquité fiscale qui est dénoncée à la fois par le milieu culturel, mais aussi par le milieu des médias et celui des affaires, et cet enjeu fait également partie de nos revendications. Des partis se sont d’ailleurs prononcés sur cette question.

Nous le savons tous, il est de plus en plus difficile de vivre de notre métier; nos revenus dégringolent, les productions ont moins d’argent, les revenus publicitaires migrent vers le Web. Les GAFA s’approprient nos contenus sans investir au pays, ni contribuer au financement de nos productions, en plus de ne pas favoriser leur découvrabilité, ce qui met en danger notre culture, notre métier.

Comment les artistes peuvent-ils, dans ces conditions, continuer à pratiquer leur art et offrir aux Québécois et aux Canadiens des productions de qualité qui font leur renommée? Une renommée qui repose sur des sables mouvants. Tout comme pour l’environnement, pour la culture, il y a aussi urgence d’agir!

En plus de la diffusion d’un communiqué de presse, l’UDA transmettra aux principaux partis politiques une lettre présentant sa position et vos revendications.

Votre présidente,
Sophie Prégent


Pour consulter tous les mots de la présidence