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Assemblée générale annuelle : mot d'Alexandre Curzi

29 Mai 2019

Avant d’aborder pour la première fois le présent rapport annuel, je tiens, au nom des membres du conseil d’administration et de tout le personnel de l’Union des artistes, à remercier Sylvie Brousseau pour l’ensemble de ses années en tant que directrice générale. Années qui ont contribué à forger l’UDA, telle que nous la connaissons maintenant. Je réalise, après ces quelques mois en poste, l’ampleur du travail abattu sous son administration et l’étendue des combats à venir. Merci Sylvie.

Comme nous sommes dans une année transitoire, l’année financière présentée dans le présent rapport annuel s’échelonne du 1er juillet au 31 décembre 2018. Je parlerai donc des activités qui se sont déroulées pendant cette période de référence de six mois.

Relations du travail

En matière de relations du travail, 31 dossiers sont soit en négociation, soit en préparation, et ce, dans tous les secteurs. Aguerries, nos équipes de négociation sont à pied d’œuvre pour tenter de conclure rapidement les ententes et d’obtenir  les meilleures conditions possible...

Début des négociations avec l’AQPM

L’entente collective entre l’UDA et l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM) englobe la majorité de la production cinématographique et télévisuelle du Québec. Cette entente collective représente environ 65 millions de dollars en cachets versés annuellement aux artistes. Il s’agit de l’entente collective la plus importante en termes de volume pour les membres de l’UDA.

Les négociations entre l’AQPM et l’UDA ont débuté le 13 décembre 2018. Les demandes de l’UDA concernent notamment les conditions de travail (cadence de travail, délai de livraison des textes, nombre de pages de texte par jour de tournage), le harcèlement et la rémunération. Du côté des producteurs, leurs principales demandes consistent à fragmenter les cachets et les heures de travail pour payer les artistes quasiment à la minute près. Ce qui est contraire au modèle d’affaires existant depuis des décennies, qui est plutôt basé sur un principe de cachet comprenant un certain nombre d’heures de travail.

Par ailleurs, étant donné l’ampleur du travail que nécessite le renouvellement de cette entente collective, l’UDA travaille en collaboration avec les autres associations du secteur de l’audiovisuel, soit l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son (AQTIS) et l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ), qui sont, elles aussi, en négociation avec l’AQPM. Certaines problématiques, dont la cadence de travail, sont communes à toutes les associations. Pour ces raisons, nous avons décidé d’unir nos forces et de former un front commun. Nous travaillons tous ensemble sur les mêmes lieux de travail.

Les prochaines semaines seront décisives quant au dénouement de cette négociation.

Publicité

Plusieurs chantiers sont menés de front en matière publicitaire. Nous sommes actuellement en négociation avec l’Association des agences de communication créative (A2C), et ce, à la fois pour le renouvellement de l’entente collective Internet et nouveaux médias (INM) et pour celui de l’entente collective télé-radio.

Annonces publicitaires destinées à l’Internet et aux nouveaux médias (INM)

Cette première entente collective entre l’UDA et l’Association des producteurs conjoints (APC) dans le domaine de la publicité destinée aux nouveaux médias a été décrétée par un arbitre de différend. Décision qu’on pourrait qualifier de décevante pour les artistes. Depuis l’entrée en vigueur de cette entente collective en avril 2016, nous constatons une croissance constante des annonces publicitaires destinées à l’Internet et aux nouveaux médias. Il va sans dire qu’il s’agit d’une négociation d’une grande importance pour nos membres. Les négociations avec l’A2C ont débuté en novembre dernier. Le principal enjeu pour l’UDA est d’obtenir une augmentation substantielle des cachets d’utilisation.

Annonces télé et radio

Un second souffle est donné à la négociation qui trainait en longueur depuis plus de trois ans avec l’APC concernant les annonces dites traditionnelles à la télé et à la radio. Nous avons renouvelé notre mandat de négociation afin de tenter de dénouer l’impasse qui perdure. Les producteurs soutiennent que l’industrie publicitaire subit d’importantes transformations qui nécessitent, selon eux, des modifications importantes à l’entente collective.

Un comité de travail bipartite a été formé afin d’entamer d’importants travaux de documentation et d’analyse de
l’industrie publicitaire pour ultimement faire les recommandations qui s’imposent selon les résultats obtenus. Bien entendu, aucun changement à l’entente collective n’interviendra sans que les membres puissent se prononcer en assemblée sectorielle à cet effet.

Vigie

Nous poursuivons activement notre travail de vigie pour mieux vous servir. Cette vigie constante s’articule entre autres par des visites de plateau, des mises sous juridiction du travail fait hors Union et par des réclamations et des griefs déposés auprès des producteurs qui vous engagent.

Pour la période de référence visée par le présent rapport, l’UDA a déposé 761 réclamations, et ce, tous secteurs d’activité artistique confondus. De ce nombre, 56 ont fait l’objet d’un grief, 51 sont encore en traitement, 35 ont été annulées et, enfin, 4 réclamations sont en cours de transmission.

Il est important de souligner que, au total, 650 de ces réclamations ont été réglées à l’amiable par les membres du personnel, et ce, pour un total de 124 764,80 $ en cachets d’artistes ainsi que 53 400,56 $ en contributions à la Caisse de sécurité des artistes (CSA). Parmi ces réclamations réglées à l’amiable, 141 avaient trait à des remises à la CSA en retard dans le secteur de la scène.

Sur l’ensemble des griefs déposés, la grande majorité est liée au secteur de la télévision; quelques griefs sont liés au secteur des variétés (phonogramme), au secteur des annonces et au secteur de la scène. Enfin, sur les neuf griefs liés à l’AQPM, six sont déjà réglés, pour un montant reçu pour les artistes de plus de 83 819,88 $.

Nous avons également déployé de l’énergie pour contrer le travail fait hors juridiction, et ce, particulièrement dans le secteur des annonces. Ce sont 43 dossiers d’annonces qui ont été méticuleusement vérifiés pour assurer une mise sous juridiction. Les résultats sont concluants, et nous allons accentuer notre vigie non seulement dans le secteur des annonces, mais également dans les autres secteurs de l’UDA pour assurer un maximum de travail fait dans le respect de nos ententes collectives afin de vous protéger.

Par ailleurs, une vingtaine de visites de plateau ont été effectuées par le personnel de l’UDA pour la période de référence qui nous occupe. Ces visites ont eu lieu principalement dans les secteurs de l’audiovisuel (AQPM),  du théâtre, des annonces, des variétés et du secteur lyrique. Notre objectif est d’augmenter notre présence sur vos lieux de travail pour mieux vous servir.

Formation continue

L’équipe responsable a travaillé activement à la préparation du plan annuel 2019-2020 en vue du dépôt d’une demande d’aide financière à Emploi-Québec. Au moment d’écrire ces lignes, nous venons d’obtenir la confirmation : 281 000 $ a été accordé à l’UDA. Nous pourrons donc offrir 50 sessions de formation. Notons que L’inis finance plusieurs activités offertes aux membres de l’UDA, dont des ateliers en doublage.

Conventions collectives des employés de l’UDA

Au cours de l’automne 2018, les négociations relatives au renouvellement des conventions collectives des employés de l’UDA (unités « conseillers » et « bureau ») se sont poursuivies et de multiples rencontres ont eu lieu. Ces négociations ont mené à la conclusion d’une entente au début de l’année 2019. Les nouvelles conventions collectives sont en vigueur jusqu’en 2021.

Mon mandat et l’avenir…

Le mandat qui m’a été confié par le comité de direction et le conseil d’administration est en parfaite cohérence avec les quatre thèmes du plan d’action 2018-2022 : négocier, représenter, surveiller et servir.

La négociation, le cœur de notre Union, doit, dans certains secteurs, pouvoir s’adapter aux profonds changements qui s’opèrent actuellement dans nos industries culturelles nationales. Solidifier nos conditions de travail certes, mais la recherche de nouveaux marchés, de solutions porteuses d’avenir et de partenariats sur le plan international, est désormais une partie incontournable de nos actions. Le mandat de votre organisation est non seulement de protéger vos acquis, mais également de préparer le futur en collaboration avec tous les intervenants du milieu culturel.

La représentation. Votre organisation, comme par le passé, mettra tout en œuvre pour accompagner adéquatement la présidente et les élus dans leurs démarches auprès des instances politiques. Taxation, refonte des lois, découvrabilité de nos contenus sur les plateformes numériques, financement adéquat et exportations de nos produits culturels ne sont que quelques exemples des nombreux dossiers dans lesquels votre Union est investie. Plus que jamais nous devons nous battre pour la pérennité de notre culture, pour nous assurer que les créateurs aient les moyens de créer, que nos artistes vivent adéquatement de leur art, et cela, quels que soient les domaines.

Cela passe également par la vivacité de la langue française, cette langue commune qui s’avère un formidable outil de transmission de la culture.

Surveiller. Au cours des premiers mois de mon mandat, j’ai eu l’occasion de soupeser les actions en matière de vigie et de poser un diagnostic. Il est évident que les processus mis en place seront améliorés : vigie dans tous les secteurs, présence accrue sur les lieux de travail, ligne dédiée aux relations de travail dans tous les secteurs, lutte féroce contre le travail hors juridiction, rapprochement entre les membres et les employés de l’Union et solidification des liens de confiance avec les producteurs font parti de ces incontournables mesures que nous mettons présentement en place. Une organisation telle que l’UDA n’est pas désincarnée de ses membres, et c’est en travaillant tous ensemble sur le terrain que nous pourrons pleinement faire respecter nos conditions de travail et nos droits.

Finalement, servir. Plus que jamais les artistes doivent se reconnaître dans cette institution et mon mandat est de faciliter cette nécessaire symbiose organisation-membres. Il est évident pour toutes les équipes que le seul but de cette magnifique « machine » qu’est l’Union des artistes est de servir nos membres au meilleur de nos capacités et de nos ressources. Formation continue, aide aux membres, notamment en matière de harcèlement, filet social (CSA), tous ces outils sont à votre disposition.

Nous allons continuer à améliorer nos processus internes de façon à être plus efficaces, plus « athlétiques », moins coûteux. C’est ce qu’ont permis la révision des structures de gouvernance effectuée au cours des dernières années et les mesures mises en place par la suite pour maintenir une saine gestion. De plus, un diagnostic en profondeur de l’organisation s’effectue en ce moment. L’analyse et l’évaluation constante de nos façons de faire font de nous une organisation vivante et proactive en vue de donner un service complet. Vous avez une équipe formidable, des employés fidèles, des professionnels dédiés à la cause des artistes, c’est une richesse dont nous devons être fiers.

En guise de conclusion j’ajouterais, sur une note très personnelle, que je suis extrêmement fier d’être votre directeur général. C’est un honneur pour moi de travailler au mieux-être des membres de cette immense institution culturelle qu’est l’Union des artistes. Je crois profondément que nous avons une organisation tournée vers l’avenir, la meilleure organisation pour représenter et défendre les artistes et se battre avec ferveur pour eux.

Votre directeur général,
Alexandre Curzi