Vous êtes ici

Partager sur

Abandon des séries québécoises par Séries + Ou les effets pervers de Parlons télé

23 Mai 2017

Après la suppression par le CRTC de l’obligation pour Séries + de consacrer 1,5 million de dollars par année au financement de dramatiques originales de langue française, annoncée le 15 mai dernier, il n’a fallu que trois jours à son propriétaire, CORUS, pour annoncer l’abandon de tous ses projets de fiction québécois.

La Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC), l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) et l’Union des artistes (UDA) déplorent cette décision qui découle du refus du CRTC d’imposer des exigences précises pour soutenir la production originale de langue française lors du renouvellement des licences des grands groupes (Bell Média, CORUS, Groupe V Média et Québecor Média), malgré les demandes à cet effet de nombreuses associations.

Historia et Séries +, propriétés de CORUS, sont parmi les canaux les plus rentables du secteur. Ils ont les ressources pour offrir à leur public des séries d’ici de qualité.

Fidèle à l’approche « flexible » mise de l’avant dans le cadre de l’instance « Parlons télé », le CRTC a fait le pari que les groupes comme CORUS investiraient dans de nouvelles productions de langue française pour satisfaire leur public. Le CRTC a donc considéré que les exigences de dépenses en émissions canadiennes (DÉC) étaient suffisantes pour assurer un niveau élevé d’émissions originales de langue française et n’a pas tenu compte du fait que CORUS est aussi propriétaire de nombreux services de langue anglaise au sein desquels il pourra puiser pour alimenter ses canaux francophones. Plutôt que de maintenir des obligations précises en langue française, le CRTC a fait part de son intention de surveiller plus étroitement les dépenses pour ce genre d’émissions et s’est dit « ouvert à la possibilité d’imposer des exigences en la matière au prochain renouvellement de licence…», c’est-à- dire dans cinq ans.

À l’heure où la concurrence des séries étrangères se fait de plus en plus forte sur différentes plateformes, permettre aux diffuseurs de réduire l’offre d’émissions de langue française nous apparaît culturellement inacceptable. Le CRTC ne peut laisser aux seules forces du marché l’avenir de la production nationale. Comme organisme réglementaire, il doit rappeler aux diffuseurs qu’ils ont l’obligation de contribuer de façon notable à la présentation d’une programmation nationale et respecter le caractère distinct du secteur francophone. Et cela ne peut attendre cinq ans. Le CRTC doit réagir dès maintenant.



Pour lire l'article de Vincent Brousseau-Pouliot paru dans La Presse + le 10 juin 2017 et intitulé Doublage des séries télé : seulement 2,3 % des dépenses au Québec, cliquez ici.

Pour lire l'article de l'auteur Jacques Davidts paru dans La Presse + le 4 juin 2017 et intitulé Mon comptable m'a dit..., cliquez ici.

Pour lire l'article de Nathalie Petrowski paru dans La Presse le 3 juin 2017 et intitulé Parlons télé, potentiellement..., cliquez ici.

Pour lire l'article de Marie-Josée Roy paru dans le Huffington Post Québec le 1er juin 2017 et intitulé MusiquePlus n'est plus obligée de diffuser des vidéoclips, cliquez ici.

Pour lire l'article de Marie-Josée Roy paru dans le Huffington Post Québec le 1er juin 2017 et intitulé Contenu original en français: l'AQPM et l'ADISQ ripostent au CRTC, cliquez ici.

Pour lire la lettre ouverte du président du CRTC, Jean-Pierre Blais, publiée dans plusieurs médias le 31 mai 2017 et intitulée Le CRTC rectifie les faits, cliquez ici.

Pour lire l'article de Stéphane Baillargeon paru dans Le Devoir le 31 mai 2017 et intitulé Le CRTC répond à ses détracteurs sur la nouvelle réglementation, cliquez ici.

Pour lire l'article de Nathalie Petrowski paru dans La Presse le 30 mai 2017 et intitulé Séries moins, cliquez ici.

Pour lire l'article de Stéphane Baillargeon paru dans Le Devoir le 27 mai 2017 et intitulé Québec critique une décision du CRTC sur la production télé, cliquez ici.

Pour lire le texte de Pierre Nantel, député néodémocrate de Longueuil–Saint-Hubert, paru dans Le Devoir le 27 mai 2017 et intitulé Trop de dégâts pour les productions québécoises, cliquez ici.

Pour lire l'article de Michel Girard paru dans le Journal de Montréal le 24 mai 2017 et intitulé Croc-en-jambe du CRTC à la culture franco-québécoise, cliquez ici.

Pour lire l'article de Marie-Josée Roy paru de le Huffington Post Québec le 23 mai 2017 et intitulé Abandon des séries originales à Séries+: le milieu de la télé réagit, cliquez ici.

Pour lire l'article de Marc-André Lemieux paru dans Le Journal de Montréal le jeudi 18 mai 2017 et intitulé Séries+ bientôt sans contenu québécois, cliquez ici.