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L'UDA réagit à la décision de Netflix

28 Novembre 2014

« Il faut agir de toute urgence pour soutenir le doublage au Québec »
- Sophie Prégent, présidente
 

Concernée par la fin abrupte du doublage québécois des productions de Netflix, l’Union des artistes (UDA) considère qu’il s’agit là de la manifestation la plus récente d’un phénomène plus large pour lequel des solutions existent, mais qui nécessitent la volonté des gouvernements et de l’industrie pour les mettre en œuvre. La décision récente de Netflix ranime en effet les inquiétudes du milieu quant à l’accès, pour le public québécois, à des productions étrangères qui lui soient adaptées.

La présidente de l’UDA, Mme Sophie Prégent, estime que l’industrie québécoise du doublage est à risque. « Depuis plus de 40 ans, l’industrie du doublage a développé une expertise solide et s’est construite une réputation d’excellence reconnue internationalement. Sans le doublage québécois, le public québécois perd à la fois cette expertise et l’accès à des œuvres qui lui ressemblent », explique Mme Prégent.

Plus tôt cette semaine, l’entreprise américaine Netflix annonçait sa décision de mettre fin sans préavis au doublage québécois de la série House of Cards afin de le confier à une entreprise française. Mais cette décision n’est en fait que la manifestation d’une crise beaucoup plus profonde qui sévit dans cette industrie culturelle.

Les ennuis de l’industrie québécoise du doublage n’ont pas commencé hier, reconnaît la présidente de l’Union des artistes. Cependant, les nouveaux modes de diffusion virtuels ont éliminé les obstacles physiques qui permettaient, jusqu’à récemment, à l’industrie québécoise de conserver une part importante du marché sur son propre territoire.

« Si rien n’est fait sous peu, l’industrie québécoise du doublage risque de mourir à petit feu. Le public francophone, qui s’est maintes fois prononcé en faveur d’un doublage fait au Québec, se verra imposer une fois de plus le contraire de ce qu’il souhaite entendre », s’inquiète M. Sébastien Dhavernas, responsable de la commission sur le doublage de l’UDA.

L’Union des artistes en « mode solution »

À la fin septembre, dans un esprit constructif, l'UDA proposait à l’Association nationale des doubleurs professionnels (ANDP) de rouvrir l’entente collective en cours permettant ainsi une baisse de tarifs significative de 21 % et plus dans le marché du DVD. La proposition de l’UDA était applicable immédiatement. L’UDA attend toujours la réponse de l’ANDP. De plus, l’UDA faisait part à l’ANDP de son plan d’action qui comporte des propositions structurantes pour l'industrie et lui demandait également sa collaboration pour le mettre en œuvre.

« Une fois de plus, nous tendons la main à l’ANDP et l’invitons à poursuivre un dialogue constructif, novateur et ouvert afin de parvenir à une solution durable aux défis que nous partageons mutuellement », suggère M. Dhavernas.

Compte tenu de la situation, l’UDA est aussi d’avis que les gouvernements du Québec et du Canada ont le devoir, dans leurs champs de compétence respectifs, de prendre des initiatives nouvelles pour contribuer à revitaliser cette industrie. Le plan d’action élaboré par l’UDA a donc été transmis à la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Mme Hélène David, dont on souhaite obtenir le soutien.

« Nous préparons actuellement une rencontre avec le Ministère et nous sommes confiants que la ministre sera une alliée dans la mise en œuvre de solutions à court terme. Nous comptons également sur elle pour intervenir auprès du gouvernement fédéral afin qu’il participe à l’effort visant à reconnaitre le doublage comme une composante essentielle de la diversité culturelle québécoise et canadienne, de même qu’à faire respecter l’intérêt et les préférences du public québécois. Ce point de presse est un premier jalon. Nous vous invitons donc à suivre le dossier de près au cours des prochains mois», conclut la présidente de l’UDA, Mme Sophie Prégent.


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