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Les artistes : une force innovante pour le rayonnement du Québec

23 Mars 2016

Allocution prononcée par Sophie Prégent dans le cadre d'un
déjeuner-causerie du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM)


Pour télécharger l'allocution en format PDF, cliquez ici.



D’habitude, quand je monte sur scène, je porte le texte de quelqu’un d’autre, je deviens un personnage. Je défends son histoire et ses idées.

Aujourd’hui, pas de personnage, il n’y a que moi. Avec mon chapeau de présidente de l’UDA, nos convictions, et nos idées.

Pas de quatrième mur, pas de fiction.

La mission du CORIM est de faciliter les échanges et les rencontres, de créer un milieu de concertation. J’espère être à la hauteur de cette invitation et vous démontrer comment les artistes constituent une force innovante pour le rayonnement du Québec.

* * *

Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’aimerais vous présenter l’Union des artistes.

Il y a près de 80 ans, des artistes ont cru en eux. Ils ont cru qu’ensemble ils pourraient être plus forts. Ils se sont pris en main et ont créé l’un des premiers syndicats d’artistes en Amérique. Jean-Louis Roux disait qu’à cette époque on payait les artistes un paquet de cigarettes pour faire une émission de radio et qu’ils devaient s’en trouver satisfaits. Il fallait donc s’unir, pour être plus forts.

Aujourd’hui, nous sommes 8 400 acteurs, chanteurs, animateurs et danseurs – en très grande majorité non-fumeurs – à croire en notre capacité à prendre nous-mêmes des décisions pour nous-mêmes. Soutenu par le travail d’une centaine de personnes au quotidien. 80 employés et une vingtaine d’élus.

La force de l’Union pour défendre nos intérêts et nos droits, avec Artisti entre autres, la société qui gère les droits d’auteur de nos artistes interprètes. Pour gérer nos caisses de protection sociale avec la Caisse de sécurité des artistes. Et bien sûr, pour protéger ceux qui rencontrent des difficultés, à travers la Fondation des artistes.

En tant que syndicat, nous négocions avec les producteurs, et représentons les artistes auprès des diffuseurs et des gouvernements. Nous participons à la réflexion et au dialogue collectif sur l’art et sur la culture.

En tant que regroupement d’artistes, nous défendons la place de ce qu’il y a de plus beau dans l’humain. C’est notre apport au monde dans lequel on vit.

Dans l’art, il y a le beau. L’éclairage positif et émouvant que l’on porte sur les choses qui nous entourent.

Dans l’art, il y a le savoir-faire. L’« artisanat », le « gossage » derrière une œuvre et les centaines les milliers d’heures consacrées à son élaboration.

Dans l’art, il y a le sensible. Il y a cette histoire, cet objet, ce texte, ce prétexte qui prend un détail pour rejoindre quelque chose d’universel.

Dans l’art, il y a le populaire. Un bagage de références communes que l’on partage au quotidien.

Dans l’art, il y a le subversif. Ce questionnement incessant de nos valeurs, de nos travers, de nos faiblesses dont le but ultime est de nous pousser à être meilleurs.

Dans l’art, il y a la colère et la réconciliation. Cette capacité à mettre en scène nos conflits, nos errements, pour mieux les comprendre.

Dans l’art, il y a l’avant garde. Ces courants qui devancent et révèlent une transformation de notre monde et du regard qu’on porte sur ce monde.

Cette mosaïque, cette diversité incarne, pour moi, la part de rêve qu’il y a dans le fait de devenir « un artiste ». Ce qui fait qu’être artiste est non seulement le plus beau métier du monde, mais une vocation exigeante et un engagement de tous les instants.

À l’image des artistes qu’elle représente, l’UDA a toujours été un peu en avance sur la société.

L’Union a été créée dans les années 30 et nous avons eu notre première présidente élue en 1955, madame Mia Riddez.

En 2013, quand je me suis présentée au poste de présidente, j’avais cette envie de parler du choix d’être artiste. Du courage de choisir d’être artiste. Et de vouloir en vivre.

Parce que ça prend du courage et une profonde foi en soi pour faire face à l’éternel recommencement. Décrocher son premier rôle, c’est difficile. Le 37e l’est tout autant.

Nous artistes partageons l’expérience unique de l’adversité. Peu importe la valeur de notre cachet ou la stature de notre carrière. Dans la pratique même de notre art, la création ne laisse aucun repos.

L’attention médiatique portée aux artistes donne une image biaisée de notre quotidien, de tout ce qu’implique notre réel travail artistique. Une image qui dissimule surtout l’instabilité économique que tous les artistes vivent tout au long de leur vie professionnelle.

Des gens pensent qu’on est arrivé au sommet quand on nous voit. Mais dans ce métier, il n’y a rien de plus faux que de penser que tu es arrivé quelque part. C’est toujours à recommencer.

Dans notre monde à nous, il n’y a pas de job steady avec une paie steady.

Planifier, faire un plan de carrière, se projeter dans l’avenir, c’est pas juste difficile, c’est carrément impossible!

***

Alors qu’on se prépare à participer aux consultations sur l’élaboration d’une nouvelle politique culturelle pour le Québec, nous avons eu envie de savoir où les Québécois se situaient par rapport à leurs artistes et par rapport à leur culture.

On entendait tant de choses, dont des mots parfois très durs fondés sur des préjugés disséminés dans certains milieux.

Alors, nous avons demandé à la firme de sondage Léger de mener l’enquête pour nous.

J’ai reçu les résultats du sondage comme une déclaration d’amour des Québécois envers « leurs » artistes et envers « leur » culture.

Deux chiffres pour commencer :

  • 87 % des Québécois pensent que le travail des artistes est utile à la société
  • Plus de 60 % pensent que la culture québécoise est créative, intéressante, originale, dynamique, qu’elle se distingue en Amérique du Nord et qu’elle rayonne à l’international

Je l’admets, la reconnaissance est une partie de notre moteur.

Et maintenant, j’y ajoute la preuve statistique que notre créativité et nos efforts sont perçus et ressentis par une grande majorité de Québécois.

***

Pour que le public croie en l’histoire qu’on lui raconte, pour que l’illusion soit parfaite, notre travail doit s’effacer derrière l’œuvre. Un peu à l’image de la pointe de l’iceberg, on ne laisse pas percevoir l’ampleur des efforts pour atteindre l’authenticité qui est attendue de nous.

Or c’est de cette démarche, de cette quête, que nait la créativité.

Et les artistes exercent leurs métiers dans un contexte de plus en plus difficile.

Il y a quelques semaines, Roger Waters – ancien bassiste et auteur-compositeur de Pink Floyd – a donné une entrevue à Tout le monde en parle. Il a expliqué de façon très juste la dématérialisation des œuvres et son impact sur la création : les artistes travaillent mais les revenus sont captés par les nouvelles plateformes de diffusion, soit disant « gratuites ». « À ce rythme là, dans quelques années, disait-il, plus personne ne voudra travailler dans cette industrie car plus personne ne pourra en vivre ».

« Dès que vous enregistrez une création, disait,-il, vos droits sont immédiatement volés par Silicon Valley. On n’a pas créé un système de transaction entre les gens qui aiment la musique et l’achètent et ceux qui la créent. La transaction se passe entre un annonceur et Silicon Valley. Le reste de l’humanité n’a pas un mot à dire. »

* * *

Le lien l’œuvre de l’artiste et son public doit rester le plus simple possible. Rester le plus humain possible.

Les Québécois ont un lien fort avec leurs artistes. Pas besoin d’intermédiaire pour maintenir ce lien. Au contraire. Et c’est ça que les Québécois demandent. C’est ce que moi je comprends du sondage. Permettez à ce lien particulier, forgé à travers notre histoire et notre sociographie, de demeurer. Malgré ou grâce à la technologie.

Loin de moi l’idée de vouloir revenir en arrière ou de lutter contre le changement, social ou technologique. Dans les faits, les artistes tirent parti des nouvelles technologies pour créer autant que pour diffuser et promouvoir leur travail. Dans les faits, les artistes et les créateurs inspirent le changement, l’innovation, le progrès.

Mais il est indispensable de trouver un nouvel équilibre économique pour que les artistes qui donnent vie à ces plateformes – je pense entre autres aux chanteurs – soient rémunérés pour leur travail. Et il y a différents modèles sur la table.

Écouter de la musique ou des films en ligne, ce n’est pas gratuit. Vous payez cher votre fournisseur d’accès à internet pour recevoir ces contenus. On pourrait peut-être imaginer une contribution de ces fournisseurs pour soutenir la création d’ici.

La révolution apportée par des plateformes comme Netflix pose aussi des questions importantes sur la protection de notre exception culturelle. On ne peut pas simplement ignorer les lois d’ici parce qu’on vient de l’étranger.

La très grande majorité des artistes ne vivent pas de leur art. Dans le sondage, 56 % des répondants ont affirmé que moins du quart des artistes québécois vivent uniquement de leur art.

Mais, parmi nos membres, 72 % touchent moins de 16 mille dollars par année pour leur travail artistique.

La passion et la reconnaissance sont sans aucun doute le moteur qui nous amène à devenir des artistes. Mais il faut pouvoir en vivre si on veut le rester.

* * *

Et c’est un enjeu collectif. Qui nous concerne tous.

Dans le sondage, nous avons demandé aux répondants s’ils se sentent fiers d’être Québécois. Ils ont répondu oui à 84 %.

Et je crois que nous devons beaucoup aux artistes d’ici pour ce résultat.

Avoir des productions qui nous ressemblent, c’est important. Avoir des productions en français, c’est important. Avoir des productions en français d’ici, c’est important.

Pourquoi ? Parce que ça parle de notre réalité.

On peut voyager à travers le monde, mais chez-nous c’est ici. On peut aller ailleurs et voir ce qui s’y fait. Et l’apprécier. Mais chez-nous c’est ici.

Les Québécois nous disent que c’est notre job de faire des choses qui les intéressent. C’est notre responsabilité de maintenir l’intérêt.

Les artistes construisent ainsi une projection qui est l’occasion d’aimer, de comprendre, de critiquer ou de remettre en cause notre société de façon constructive et collective.

Les œuvres font évoluer notre vision du monde. Entre la première version des Belles histoires des pays d’en haut et Les pays d’en haut d’aujourd’hui, on peut se dire que notre télévision nous offre une version différente de notre histoire, de la place de l’église et de celle de la femme dans notre société. Ou que La vie la vie a par exemple sans aucun doute contribué à une plus large acceptation de l’homosexualité.

De La petite vie aux Invasions barbares en passant par Dans une galaxie près de chez vous et La passion d’Augustine, notre dynamique culturelle est à la fois le reflet et la projection de nous-même. Elle nous fait évoluer collectivement comme elle évolue avec nous.

Ce double rôle de miroir et de précurseur constitue l’essence de la créativité qu’incarnent les artistes. Ils captent l’air du temps, lui donnent corps et en deviennent la locomotive.

À ce chapitre, je crois que nous avons, ensemble, un nouveau défi à relever, c’est celui de la diversité. Franchement, dans ce dossier, on est en retard.

Bien sur nous sommes uniques en Amérique. Mais parce que notre identité évolue et se transforme, à la laine doit se mélanger d’autres matières qui nous enrichissent collectivement.

Il faut donner une voix à cette diversité qui est déjà notre quotidien pour qu’elle se reflète sur nos scènes et dans nos écrans. Il reste beaucoup à faire pour que cette diversité soit mieux comprise et mieux acceptée. Beaucoup à faire pour qu’elle soit perçue comme enrichissante, comme un plus. Et surtout pour éviter qu’un pan entier de notre société ne développe ses propres intérêts en parallèle.

C’est un de nos plus grands défis à l’Union.

***

J’ai parlé de la recherche et de la démarche artistique, j’ai parlé du double rôle de capteur et de moteur des changements sociaux des artistes. C’est ce qui constitue un socle pour l’innovation.

J’ai attrapé récemment une phrase de Justin Trudeau. « Notre principale richesse n’est pas sous nos pieds, mais entre nos oreilles ».

Après des années où toutes les perspectives d’avenir semblaient se limiter aux ressources naturelles, aux énergies fossiles et à l’austérité, j’ai tout à coup espoir que nous reprenons la voie d’un environnement propice à l’innovation, à la création et au savoir. Ce genre d’environnement même qui révèle tout le potentiel de contribution des artistes à la société.

Par exemple, le talent de nos artistes et de nos artisans – jumelé à des programmes judicieux de crédit d’impôt – a permis le développement d’une florissante industrie du cinéma à Montréal.

Cette industrie a attiré d’autres métiers dans le secteur des effets spéciaux et visuels.

La disponibilité d’une main d’œuvre expérimentée en design graphique et en animation – jumelée à des programmes de financement – a permis le développement d’un pôle d’expertise en jeu vidéo et en animation.

Cette industrie fait vivre aujourd’hui des artistes qui contribuent à la scénarisation, au doublage, et à la musique de ces jeux.

Pour que ça fonctionne, ça a pris une vision concertée, du soutien public, de l’engagement privé.

***

J’ai parlé du Premier ministre. Je parle d’engagement privé et public. Me permettez-vous de vous dire deux mots sur le budget d’hier?

Je ne veux pas prendre trop de temps pour en parler ici, mais je ne peux m’empêcher de dire que nous avons poussé un gros soupir de soulagement hier en lisant le budget, du moins pour ce qui concerne la culture et les arts. Le nouveau gouvernement tient ses promesses sur le dossier culturel, et réinvestit. Bravo.

Au-delà des chiffres et des dollars, une phrase a particulièrement capté mon attention. Le message de l’UDA et de ses alliés passe. Nous sommes entendus.

Je cite le texte du budget en l’adaptant légèrement : « Les industries culturelles représentent un secteur clé de l’économie, et la rencontre des arts, des sciences et de la technologie offre des possibilités sans fin d’innovation et de résolution des problèmes. L’investissement dans le secteur culturel contribue à créer des emplois et à renforcer l’économie, en plus de garantir que notre point de vue unique est présenté au monde entier ».

Ça ressemble pas mal au thème de cette conférence, non? Étrangement beaucoup même! Un hasard. Un très beau hasard.

Donc, je poursuis.

***

Dans le dictionnaire, on définit la créativité comme le pouvoir d’invention et d’imagination; et on définit l’innovation comme l’action d’introduire de la nouveauté dans un domaine.

Au quotidien, on utilise souvent l’expression anglaise « to think outside the box ».

« Penser à l’extérieur de la boite », ça s’apprend.

Et ça commence par ramener la culture et les arts à l’école.

L’éducation aux arts est un facteur de réussite scolaire. C’est un fait solidement documenté. Le gouvernement du Québec l’a d’ailleurs enfin reconnu dans son budget la semaine dernière en allouant des sommes pour le soutien aux créateurs et à l’action culturelle en faveur des enfants âgés de 4 à 11 ans. 5 millions de dollars par an pendant 5 ans.

L’utilité directe de l’art est une question qui anime les philosophes depuis l’antiquité. Elle est maintenant résolue. L’art contribue à la persévérance scolaire, à l’amélioration des résultats et au développement des compétences de générations d’élèves.

Est-ce que d’avoir joué au théâtre à l’école est une compétence qui a de la valeur dans le CV d’un ingénieur? Sans doute pas. Mais d’avoir ouvert son esprit à la créativité aura un impact sur son approche face aux défis qu’il aura à relever tout au long de sa carrière.

Développement durable, santé publique, énergie, nouvelles technologies, médecine, physique quantique. Tous les secteurs cherchent des talents qui démontrent leur capacité à faire preuve de créativité et d’imagination.

Ramenons la culture et les arts à l’école et nous aurons déjà fait un pas dans la bonne direction.

Évidemment, il y a un autre avantage à élargir l’accessibilité des arts pour les jeunes. C’est que ça contribue aussi à former le public de demain.

* * *

Vous voulez mesurer la vitalité créative d’une société?

Surveillez la vitalité de la scène artistique.

Mesurez le poids économique de l’industrie culturelle. Les données mériteraient d’être actualisée, mais en 2009, une étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain sur la culture à Montréal évaluait que les retombées économiques annuelles totales (directes et indirectes) du secteur de la culture sont estimées à 12 milliards $. La contribution directe à l’économie est de 7,8 milliards $, soit environ 6 % du PIB de la grande région de Montréal. C’est énorme.

Les répondants à notre sondage affirment à 65 % que les arts et la culture apportent une contribution économique significative à la société québécoise.

Les économistes utilisent le mot très laid pour parler des facteurs qui rendent un territoire attirant : les externalités; les attraits indirects.

De plus en plus de recherches établissent un lien entre la présence d’infrastructures et d’initiatives culturelles dans les centres urbains et leur capacité à attirer le capital humain.

La forte présence et le dynamisme du secteur culturel dans une ville contribuent à créer un cercle vertueux.

Plus le secteur culturel est présent, plus on réussit à attirer une main d’œuvre qualifiée et mobile. Et plus on réussit à attirer des investissements privés en raison de la présence d’une masse critique de travailleurs qualifiés.

De même, les arts et la culture peuvent contribuer à la revitalisation de zones urbaines, comme ce fut notamment le cas pour le quartier Saint-Roch à Québec ou le Quartier des spectacles à Montréal.

C’est pas un hasard si Montréal cherche à se positionner comme une métropole culturelle.

* * *

Pour toutes ces raisons, la réflexion qui s’amorce sur la future Politique culturelle du Québec nous concerne tous.

La politique culturelle qui est encore en vigueur date de 1992. Dans son préambule le premier ministre Robert Bourassa la plaçait dans la perspective de l’an 2000.

Si plusieurs de ses principes et de ses valeurs sont toujours d’actualité, il est plus que temps de la revisiter pour l’adapter aux enjeux du 21e siècle.

L’engagement de l’État et des institutions publiques est vital pour les artistes.

Deux derniers chiffres tirés du sondage Léger :

  • 65 % des Québécois pensent que le financement des arts et de la culture est un investissement et pas juste une dépense
  • 78 % des Québécois pensent qu’il est important ou très important que l’État finance les arts et la culture au Québec.

Nous avons la responsabilité de réfléchir ensemble sur les moyens à mettre en œuvre pour protéger, promouvoir et développer nos artistes et la culture.

L’UDA va bien sûr contribuer activement aux consultations et partager ses réflexions sur les avenues à explorer.

Une réflexion de fond comme celle qui précède le développement d’une politique est un moment privilégié pour prendre du recul, pour partager nos expériences, et pour se projeter 10 ou même 20 ans en avant.

En terminant, voici les principes sur lesquels se baseront nos recommandations en vue d’une prochaine politique culturelle.

  • La culture est une force. C’est le crédo de l’Union des artistes et il porte notre conviction profonde de l’importance des arts et de la culture pour le Québec.
  • La culture est le véhicule de notre identité, une identité francophone qui se doit aujourd’hui de représenter aussi notre diversité.
  • La culture doit être soutenue par l’État et les institutions publiques, tant au niveau de la création artistique et de sa production qu’au niveau de sa diffusion.
  • La culture doit être soutenue par le secteur privé, dans un esprit de responsabilité sociale et de reconnaissance des artistes à la vitalité sociale et économique du Québec.
  • Les arts doivent être considérés comme un élément clé de l’éducation et faire partie intégrante de l’enseignement.
  • La propriété intellectuelle des créateurs doit être reconnue, défendue et la diffusion des œuvres doit faire l’objet de droits d’auteurs.
  • La culture doit être considérée comme une richesse collective, accessible ici et exportable partout.

Cette culture qui nous rend fier. Que nous soyons ici ou que nous entrions en contact avec elle – par hasard ou non – n’importe où dans le monde.

Avant de faire partie d’un groupe et d’y contribuer, il faut d’abord être soi-même.

***

J’aimerais conclure en citant quelqu’un que j’admire profondément. Quelqu’un que j’ai connu à l’École nationale de théâtre au moment où j’y apprenais mon métier, Monsieur Simon Brault.

« La pratique de l’art change, notre rapport à l’art et à la culture change, mais ce qui reste et restera vrai c’est que nous n’avons pas encore découvert une activité humaine qui puisse autant ré-enchanter nos vies, nos lieux de vie et notre monde que l’art.

La culture est l’avenir de l’humanité parce qu’elle lui permet d’imaginer que cet avenir est possible et, plus encore, elle permet de le faire émerger. »

Merci

Sophie Prégent

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