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Négociation entre l'UDA et l'Association des producteurs de théâtre privé (APTP)

Double jeu

Deux courants dominaient clairement et fortement dans les interventions des membres de l’UDA lors de l’assemblée qui se tenait le 2 mai dernier : l’indignation et la détermination.

Il s’agissait d’une assemblée dite « sectorielle » qui avait pour but de formuler un nouveau mandat de négociation en vue du renouvellement de l’entente collective entre l’UDA et l’APTP. La participation était importante, tant pour le nombre de membres présents que pour les enjeux débattus.

Il faut rappeler que ce dossier très particulier n’en finit plus de s’allonger, de connaître des revirements inhabituels et de se complexifier. Résumé.

Début 2014 : après plus d’une année de négociation, l’UDA et l’APTP en arrivent, à la table de négociations, à une entente de principe. C’est ce qui se passe le plus souvent : les parties ont consciencieusement débattu de leurs demandes réciproques et en sont arrivées à un résultat global satisfaisant. Elles s’engagent à recommander à leurs membres de l’accepter, de part et d’autre.

L’UDA le fait : les membres approuvent. Quatre mois s’écoulent avant que l’APTP nous apprenne que de leur côté leurs membres refusent cette entente. Stupéfaction. On n’a pour ainsi dire jamais vu cela. Une autre année plus tard, l’APTP revient à la charge avec plus d’une quinzaine de demandes majeures visant toutes à diminuer largement et dangereusement les conditions de travail et de rémunération. Alors qu’il n’en avait pas été question en cours de négociation.

Des exemples ?

  • Retrait pur et simple de plusieurs périodes de repos (entre deux journées, en déplacement, etc.)
  • L’artiste n’a plus le choix de recevoir ses per diem en argent ou de laisser le producteur assumer l’hébergement et les repas.
  • Diminution des frais de repas et d’hébergement (par exemple pour 35 nuits : 550 $ plutôt que 850 $ la semaine actuellement)
  • Aucun per diem avec coucher à moins de 250 km
  • Déplacement payable à compter de 50 km plutôt que 21
  • Tarif de répétition uniforme et non plus selon la jauge de salle
  • Diminution des représentations garanties (de 15 à 10)

Ainsi, au bout d’une démarche de négociation rigoureuse et honnête, aboutissant à une entente de principe, nos vis-à-vis, après un long silence, reviennent à la charge, la renient, balaient tout et recommencent et « en rajoutent épais » comme on dit…

On ne comprend pas, rien ne le laissait présager. Mais…

Pendant ce temps-là …

… Il y a du mouvement en ce qui concerne la comédie musicale. Alors que celle-ci se produisait jusqu’ici sous l’égide des différentes ententes collectives couvrant les productions théâtrales, trois producteurs majeurs membres de l’APTP (Juste pour Rire, Tandem et Entourage) décident de mandater l’ADISQ pour les représenter, mais dans un but précis : que désormais leurs comédies musicales soient produites sous l’entente UDA-ADISQ régissant les spectacles de variétés sur scène.

Primo : la comédie musicale plonge ses racines dans le théâtre, bien plus que dans le spectacle de variétés. Secundo : les ententes théâtre ont un long historique, elles ont été pensées et adaptées pour correspondre à cette réalité de travail très particulière alors que l’entente variétés (ADISQ) est beaucoup moins développée et n’a pas été construite en fonction de la réalité théâtrale; elle est, en comparaison, assez rudimentaire. Total : si on ne peut pas empêcher ce déplacement, il faut à tout le moins l’encadrer très strictement pour ne pas perdre ni détruire ce qui fonctionne très bien et qui a pris des décennies à bâtir.

Le résultat recherché est donc très clair : s’ils n’obtiennent pas les demandes à la baisse qu’ils recherchent dans l’entente APTP, et particulièrement en ce qui concerne la comédie musicale, les producteurs intéressés vont porter leur attaque à l’entente des variétés UDA-ADISQ, où les acquis sont moindres pour les artistes. Et évidemment dans un deuxième temps, s’ils devaient réussir, il faut prévoir l’effet de ressac : si les conditions devaient être moindres dans l’entente des variétés, elles tireraient vers le bas celles de l’entente APTP.

On comprend donc la double réaction des membres lors de l’assemblée du 2 mai.

Ils étaient unanimement indignés de voir l’APTP d’abord renier une entente de principe, et ensuite exiger une véritable mise à sac des conditions de travail et de rémunération, pendant que les producteurs de comédies musicales passent par l’entente des variétés pour obtenir la même chose en ciblant précisément la comédie musicale.

Mais ils étaient tout aussi unanimement déterminés à rejeter les demandes de l’APTP, à ne rien céder dans cette démarche en spirale vers le bas, et à tout faire pour que les conditions applicables à la comédie musicale soient maintenues, quelle que soit l’entente ou les ententes  qui la régissent.

Unanimement indignés et déterminés.

Forte de cet appui, l’UDA va poursuivre les négociations avec l’APTP selon le mandat que l’assemblée des membres lui a confié. Parallèlement, elle a entamé des pourparlers avec l’ADISQ en ce qui concerne l’inclusion de la comédie musicale dans l’entente des variétés.

Nous vous tiendrons informés des développements. Selon le déroulement des discussions, il est probable que l’UDA tiendra une assemblée dans les prochains mois. Votre présence sera d’une grande importance vu les décisions qui devront être prises. Nous souhaitons vivement que vous y serez, aussi nombreux et déterminés que le 2 mai dernier.

Luc Béchard
Conseiller en relations du travail

Pour plus d'informations, communiquez avec Luc Béchard au 514-288-7150, poste 1280, ou par courriel à l'adresse lbechard@uda.ca.